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Appleseed

La nouvelle bombe de l'animation japonaise

Fans de « japanime » ou simplement de (très) bonne animation, la rentrée 2005 commence fort! Ce 31 août 2005 sort « Appleseed », film d'animation tiré du manga de Masamune Shirow (auteur du fameux « Ghost in the shell »), et premier long métrage japonais entièrement réalisé en 3D. A découvrir absolument, en images commentées ci-dessous et en salles obscures si possible.

Si vous aimez les scènes d'action à vous couper le souffle, ainsi que les intrigues compliquées, bourrées de coups tordus et de traîtrises (bref, le contraire d'un film américain à la Disney), « Appleseed » est pour vous et sort dans 50 salles en France (une « première » pour un film d'animation japonaise), à l'initiative de la société Kaze de Cédric Littardi, importateur spécialiste d'animation japonaise
Synopsis : dans une terre futuriste ravagée par la guerre, Deunan Knute, une jeune guerrière, est évacuée vers Olympus, cité riante et dernier havre de paix de l'humanité, où elle retrouve Briareos, son ex-amant devenu cyborg par suite de blessures de guerre. Olympus est peuplée d'humains mais aussi de « bioroïdes », clones humains débarassés de leurs passions excessives (amour, agressivité). Les responsabilités de la cité se partagent entre Gaïa, l'ordinateur central, secondé par les sept Anciens (un conseil de sages humains), Athena (bioroïde en charge du gouvernement) et Uranus (humain chef de l'armée). Et Deunan se trouvera en position d'arbitre entre ces diverses factions qui complotent pour modifier le fragile équilibre de cet Olympe.

De l'action... et de la philosophie
Comme on le voit, ce film reprend une des questions centrales de la science-fiction: qui est humain? Et le fait d'assimiler les principaux protagonistes aux dieux grecs contribue à en faire plus qu'un manga animé bourré de scènes d'action style « Dragonball ». Masamune Shirow y expose sa vision ambigüe de l'humanité: l'homme est incontrôlable car dominé par ses passions, mais s'il en prend conscience il pourra se trouver des gardes-fous pour assurer sa survie malgré lui-même. Comme dans « Ghost in the shell » , l'avenir de l'humanité passe par la mutation, par l'utilisation de la technologie pour modifier l'homme.
Si ces questions vous font bailler d'ennui, laissez-vous porter par l'action (les scènes de bataille sont superbes), et admirez le design. Contrairement à « Final Fantasy: the spirits within » (2002), première tentative (ratée) d'animation 3D à la japonaise, le réalisateur Shinji Aramaki a su trouver le bon équilibre à mi-chemin entre l'hyperréalisme de « Final Fantasy » et les « toons » à l'américaine. Admirez la subtilité du rendu (merci la 3D) avec en particulier ses éclairages (assombris pour les scènes de bataille par poussière ou pluie) et ses aplats (travaillés, texturés, avec reflets sur les armures) bien plus subtil que le dessin animé « traditionnel ». Et soulignons le soin apporté aux décors (immeubles, machines, etc.) et aux effets spéciaux avec un budget bien moindre que chez ILM ou chez Dreamworks.

Le premier film japonais « full 3D »
Si on oublie « Final Fantasy » réalisé à Hawaï par une équipe internationale rassemblée par feu-Square USA (voir articles dans nos Archives 3D), « Appleseed » est le premier film d'animation japonais entièrement en 3D. Le réalisateur Shinji Aramaki, qui signe ici son premier film (vois sa photo et bio ci-dessous), avoue être plus influencé par les films de science-fiction « live » que par les réalisations de Pixar. Et il voulait garder le même style, garder aussi le côté difficile du manga de Masamune Shirow avec un monde compliqué à décrire et beaucoup de scènes d'action. Auparavant scénariste, il a souffert de devoir couper toutes les scènes difficiles de ses storyboards, et se félicite d'avoir pu garder la main cette fois-ci, même sur la scène finale dont les 15 minutes devaient être réduites de moitié. Le fait que son producteur Fumihiko Sori soit d'abord un superviseur d'effets spéciaux (qui a aussi été animateur d'effets spéciaux pour le film « Titanic » de James Cameron) a certainement joué en sa faveur.
Les studios japonais répugnent à dévoiler leurs secrets, et Studios Digital Frontier ne font pas exception. On estime quand même que ce film s'est réalisé pour moins de $ 20 millions : un budget « à l'européenne » équivalent à celui du français « Le manège Enchanté », moitié inférieur à l'anglais « Valiant »et 4 à 6 fois inférieur aux budgets américains de Dreamworks ou Pixar. La technique fait la part belle, surtout pour les personnages, à la capture de mouvements (y compris pour l'animation faciale) et au rendu cartoon (contours pour simuler le dessin au crayon, ombres renforcées, aplats et renforcements de couleurs pour « écraser » l'image). On combine ainsi le réalisme des mouvements avec le style cartoon auquel nous sommes habitués. A noter que l'héroïne principale Deunan a droit à 3 actrices pour ses mouvements: une pour l'animation faciale et la voix, une pour les scènes d'action et cascades, une pour l'interprétation. Shinji Aramaki travaille l'expression humaine en 3D car il pense que dela élargit le public au-delà de l'animation traditionnelle.
L'équipe de réalisation s'est montée jusqu'à 80 personnes, travaillant avec... les 5 principaux logiciels 3D disponibles, plus After Effects pour les effets spéciaux! Le manque d'animateurs qualifiés en 3D au Japon les a en effet forcés à diversifier leurs outils. Et ils ont tourné les scènes dans l'ordre du film. La première scène a ainsi « essuyé les plâtres »pour les problèmes techniques, mais la dernières scène s'est quand même révélée la plus ardue à cause de sa complexité. La bande musicale combine technopop japonaise (Boom Boom Satellites) et house anglaise (DJ Paul Oakenfold, déjà sur « Matrix reloaded »et « Austin Powers »).

Bientôt « Appleseed II »?
Shinji Aramaki est fier de son film, sorti au Japon en 2004, et espère que ce sera un exemple pour le futur. Cela en prend le chemin, son producteur l'ayant déjà convaincu de réaliser une suite à « Appleseed » avec cette fois la collaboration active de l'auteur Masamune Shirow lui-même. Le cinéaste John Woo participe aussi à la production, ce qui garantit un budget (et des effets spéciaux) encore plus fournis que pour le premier film. Sortie prévue au Japon: fin 2006. A suivre...

Paul Schmitt - 08/2005

Sauf mention contraire, toutes les images sont copyright Masamune Shirow/Seishinsha - Apple Seed Film Partners
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