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Blade Runner 2049

Un mois après sa sortie, le voile se lève sur le design et les VFX du film le plus attendu de l’année.

Son univers autant que son histoire ont fait du Blade Runner (1982) de Ridley Scott un film culte : un Los Angeles situé en 2019, sombre, pluvieux, aux gratte-ciels massifs, éclairés par des néons et pubs sous forme d’hologrammes géants, et au pied desquels vit une foule dense occupée à survivre. Et bien sûr, pas d’effets visuels numériques, on en reste à l’époque aux bons vieux effets spéciaux. Pour cette suite Blade Runner 2049 réalisée par le québecois Denis Villeneuve, les outils ont évolué et le VFX Supervisor John Nelson (Terminator 2, I, Robot, Iron Man) a recruté huit studios pour redonner vie à cet univers : Framestore, MPC, Double Negative (Dneg), et aussi Rodeo FX, le studio français Buf, Atomic Fiction, Territory Studio et le studio tchèque UPP. Au total, 1200 plans avec VFX.

Design : un univers rétro-futuriste
Les producteurs et Denis Villeneuve ont voulu rester fidèles à l’univers d’origine tout en le faisant évoluer. L’environnement s’est encore détérioré, la production agricole s’est effondrée, un crash Internet généralisé à fait le reste en effaçant toutes les données : la Terre est un désert de ruines. Seule la métropole de Los Angeles reste presque inchangée, noyée cette fois sous la neige (!) autant que sous la pluie.

L’Art Department de Framestore a été chargé du concept art en s’inspirant des dessins de Syd Mead pour le premier Blade Runner, et a ensuite partagé son travail avec tous les studios. Le spinner, automobile volante de Deckard (Harrison Ford), fait ainsi sa réapparition au service de K (Ryan Gosling), le nouveau blade runner successeur de Deckard. Plusieurs exemplaires du spinner ont été construits par Framestore pour servir de décor à des scènes en gros plan. Et le modèle numérique a été réutilisé pour tous les autres spinners du film, en variant les détails pour les différencier.

Blade Runner 2049 est un monde à l’informatique plus rustique que la nôtre. Pas de téléphones mobiles omniprésents, et les interfaces graphiques designées par Territory Studio sont simples voire primitives, presque réminiscentes de MS Dos, le précurseur de Windows : fonctionnelles, utilitaires. K fait même des recherches dans un institut en triant des fiches sous forme de microfilms, comme dans les années 70… Seuls les hologrammes publicitaires et les locaux de la Wallace Corporation, fabricant des répliquants, respirent la high-tech.

Dneg donne vie à Joi
En plus de Los Angeles et de ses hologrammes, Dneg a pris en charge Joi, hologramme personnel au service de K et qui lui sert de compagne. Denis Villeneuve voulait qu’elle ait l’air réelle : Joi est interprétée par l’actrice Ana de Armas, remplacée au besoin par son double numérique, obtenu à partir d’un scan de l’actrice, quand Joi apparaît comme hologramme géant par exemple. Dans certaines scènes en gros plan, Joi « pixelise » pour nous rappeler qu’elle n’est pas réelle : un effet d’enveloppe a été créé, en trackant l’actrice dans les plans, pour appliquer une couche de pixels sur ses contours. L’effet est particulièrement visible quand Joi acccompagne K dans son spinner, lequel est touché par la foudre, et quand elle voudrait le sauver après le crash du spinner : la géométrie du modèle est simplifiée et faite de voxels (des pixels en volume).

MPC réplique Rachel
Rachel, l’élégante réplicante dont Deckard tombe amoureux dans Blade Runner et avec laquelle il s’enfuit, réapparait dans Blade Runner 2049. L’actrice Sean Young est toujours vivante, mais n’a évidemment plus la même apparence qu’il y a 35 ans. Le studio MPC, qui avait déjà recréé Arnold Schwarzenegger jeune pour Terminator Genisys (2015), s’est naturellement vu confier la recréation de Rachel jeune, sans conteste l’effet visuel le plus délicat du film. MPC a commencé par scanner la tête de Sean Young pour servir de référence à une modélisation « a la mano » de la tête de Rachel. Le crâne changeant peu avec l’âge, l’équipe de MPC a ainsi obtenu les bonnes proportions pour les os du nez, de la joue et des mâchoires. Ce modèle a été aligné sur les scènes du Blade Runner de 1982 pour en sculpter le reste jusqu’à obtenir un double (presque) parfait. Etape suivante : créer les textures pour la peau, ainsi que cheveux et sourcils avec leur outil propriétaire Furtility. Et MPC a testé son modèle en refaisant 3 scènes du Blade Runner original avec Rachel : en « blind test », l’équipe du nouveau Blade Runner 2049 a eu du mal à faire la différence avec les scènes originales !

Les scènes de Blade Runner 2049 avec Rachel ont été filmées avec l’actrice Loren Peta, en utilisant plusieurs caméras pour faire ensuite une roto-animation précise du modèle de la tête de Rachel à substituer à celle de Loren Peta. Pour plus de précision dans le positionnement spatial, MPC a aussi utilisé l’outil de vidéogrammétrie de Dimensional Imaging pendant le tournage. MPC a ensuite fait des captures faciales de Loren Peta et Sean Young rejouant les scènes pour en tirer une bibliothèque de poses et expressions. Les animateurs de MPC ont ensuite pris la main pour animer la tête de Rachel en keyframe, en prenant soin de tous les détails, jusqu’au nombre de plis dans les paupières quand Rachel parle !

Framestore modélise les ruines de Las Vegas et de Trash Mesa
Nouveautés de Blade Runner 2049, les lieux de Trash Mesa et Las Vegas où se rend K à la poursuite de Deckard. Denis Villeneuve a voulu filmer avec autant de décors réels que possible sur les plateaux de Budapest, mais ces décors ont bien sûr été élargis numériquement en postproduction. Et les plans larges sont totalement numériques, modélisés dans Maya et rendus avec le moteur Arnold.

Trash Mesa est un décor apocalyptique, une plage bordée côté mer par un mur gigantesque et constellée de ruines de bateaux et autres, où K fait un atterrissage forcé. Le décor réel a été bâti sur un terrain à Budapest que la production a rempli de ferrailles et débris divers et bordé par un écran vert. Pour les extensions de décor numériques, Framestore s’est inspiré de photographies aériennes d’un chantier naval au Bangladesh montrant des épaves de navires porte-conteneurs.

Las Vegas n’est pas moins apocalyptique : la ville en ruines baigne dans un brouillard orange, couleur obtenue en postproduction en mettant à zéro le canal bleu de l’enregistrement. Une atmosphère rendue encore plus étrange par le décor de statues géantes où chemine K avant d’arriver à la cachette de Deckard.

Et Buf là-dedans ?
Un rôle réduit, mais créatif pour les Frenchies de Buf. Ils ont surtout créé les hologrammes de Frank Sinatra, Elvis et Marilyn qu’on voit apparaître vers la fin du film dans un juke box et dans la Holofunhouse, salle de concert avec hologrammes, de Las Vegas. Une touche de nostalgie dans le monde désespéré de Blade Runner 2049.

Paul Schmitt, novembre 2017


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