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Le drole de Noel de Scrooge

La pointe de la technologie au service d'un conte classique de Dickens : la magie de Noël mise en scène par Robert Zemeckis.

Depuis 1998, Robert Zemeckis dirige ImageMovers Digital, le premier studio entièrement dédié la « performance capture ». Ce procédé d'animation original est en fait de la capture de mouvements développée à son plus haut niveau : les acteurs sont filmés sur un plateau sur fond vert ou bleu, en combinaison en spandex plus un casque. Leurs mouvements, y compris faciaux, sont capturés en détail par une batterie de caméras (jusqu'à 260!) haute définition en s'appuyant sur 300 marqueurs disposés sur le corps et le visage de l'acteur. De plus, de petites électrodes mesurant les   mouvements des yeux des acteurs permettent leur capture. Toutes ces données sont ensuite utilisées pour animer des personnages virtuels, souvent obtenus en modélisant à partir de scans des acteurs Pour une description complète du procédé, voir notre article sur La légende de Beowulf ici.

La performance capture est-elle de l'animation?
Pour Robert Zemeckis, il s'agit d'associer étroitement l’interprétation des comédiens à un environnement entièrement numérique. Selon lui, loin de donner un résultat froid et contrôlé par la technique, la performance capture permet au contraire de mêler l’émotion du jeu de grands acteurs à sa propre sensibilité artistique. Le réalisateur peut ainsi créer tout un monde sans rien perdre du talent de ses comédiens. Ajoutons aussi que le procédé permet de sérieuses économies de budget : pas de tournages extérieurs, pas de décors physiques ni de maquettes, et le tournage se fait en continu puisqu'il n'y a pas besoin d'interruptions pour changer le décor ou la lumière.Et un même acteur peut interpréter plusieurs personnages : dans Le Drôle de Noël de Scrooge, l'acteur principal Jim Carrey interprète Scrooge à différents âges aussi bien que les 3 « esprits de Noël » qui viennent le hanter, soi une demi-douzaine de personnages à lui tout seul

Pour les acteurs, cela demande un temps d'adaptation, et parfois la présence de quelques accessoires voire d'une (fausse) caméra sur le plateau pour pouvoir se repérer. Jim Carrey, interprète ici du « héros » Scrooge comme des fantômes de Noël,  commente : « Le procédé de performance capture modifie les habitudes de tournage mais pour moi, cela ne bride absolument pas la créativité du comédien. Hormis le fait que vous êtes habillé comme un extraterrestre et que vous jouez devant des écrans verts, vous vous sentez comme sur une scène de théâtre. Le travail sur le jeu est extrêmement précis et les dizaines de caméras qui vous filment ne manquent aucun détail. »

Pour nombre d'animateurs professionnels par contre, le procédé de Robert Zemeckis est une hérésie. Pour eux, l'animation ne doit pas être réaliste et repose au contraire sur la stylisation des personnages et de leurs mouvements. De plus, le réalisme imparfait de la performance capture souffrirait forcément de la comparaison avec le jeu d'acteurs « live » dans un film réel. Bref, la capture de mouvements serait OK pour les cinématiques de jeux vidéo et les « doublures virtuelles » dans les films live, mais inadaptée au genre de l'animation proprement dit. Robert Zemeckis, sensible à ces critiques, n'a eu de cesse d'affiner son procédé : de Le Pôle Express (2003) à Beowulf (2007) et maintenant Le drôle de Noël de Scrooge, l'amélioration est de fait  spectaculaire, sans pour autant faire taire les critiques...

Une adaptation fidèle de Dickens
A Christmas carol (« Un chant de Noël ») est un livre publié par Charles Dickens en 1843 (entre Oliver Twist paru en 1837 et David Copperfield publié en 1849). Cette histoire d'un vieil avare, Scrooge, qui trouve le chemin de la rédemption quand les trois esprits de Noël viennent le hanter, devient très vite un classique de la littérature enfantine et connait de nombreuses adaptations à l'écran, la plus connue chez nous étant sûrement le superbe dessin animé moyen métrage de 1983 de  Disney avec Mickey dans le rôle de Cratchit, l'employé exploité par Scrooge, et - évidemment - Picsou dans le role de Scrooge (ndlr : juste retour des choses, puisque Picsou s'appelle Scrooge en anglais enréférence au conte de Dickens)
Dans Le drôle de Noël de Scrooge, Robert Zemeckis a voulu rester fidèle non seulement à l'esprit mais aussi à la lettre de l'oeuvre de Dickens : « Notre sentiment était qu’aucun film n’avait jamais été complètement fidèle à l’esprit de l’oeuvre originale. Lorsque vous lisez le texte de Dickens, vous découvrez qu’il est remarquablement dense, souvent drôle, parfois effrayant et surtout, très imagé. C’est exactement comme si Dickens avait écrit son histoire pour en faire un film ; le style est très visuel et très cinématographique. ».

Scrooge rentre chez lui le soir de Noël dans le Londres des années 1840

De fait,  Le drôle de Noël de Scrooge nous promène dans un Londres des années 1840 brillamment reconstitué : cathédrale Saint Paul, Big Ben en construction, le quartier de Whitechapel, etc. Et comme le film est réalisé en relief, les visions de Scrooge dans le film deviennent autant de « rides » dans le ciel londonien; par moments, on se croirait dans un parc d'attractions, il ne manque que les fauteuils dynamiques ! Le relief est utilisé dans de nombreuses scènes : « rides », chutes, mais aussi des scènes d'intérieur où l'impression de profondeur est donnée par la présence d'un objet au premier plan avec les acteurs en second plan.

Saluons aussi le rendu de la peau des personnages virtuels, et la finesse de l'animation faciale de Scrooge/Jim Carrey. Le réalisme des personnages secondaires (l'esprit de Noël présent par exemple) nous a par contre semblé moins à la hauteur. Par ailleurs, l'esprit des Noëls futurs a de quoi effrayer les plus petits : c'est l'ombre de la Mort, et la mise en scène n'est pas loin du film d'angoisse avec la Mort poursuivant Scrooge dans les rues de Londres. Cependant, l'histoire manque un peu de suspense, car le conte de Dickens est très moral et très linéaire : Scrooge commence méchant et finit gentil, avec beaucoup de péripéties mais sans beaucoup de tensions dramatiques entretemps. Bref, Le drôle de Noël de Scrooge est un bon divertissement plus qu'un film, et il faut le prendre comme tel : à voir en relief absolument!

Paul Schmitt – novembre 2009

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