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King Kong

Splendeur des décors pour un jeu de licence qui, pour une fois, séduit

Le King Kong de Peter Jackson, qui sortira dans les cinémas du monde entier le 14 décembre 2005, n’est pas seulement le remake du chef-d'œuvre de 1933, c’est également un jeu vidéo très attendu.

Attente plutôt inhabituelle tant les adaptations vidéoludiques de films n’ont que très rarement satisfait les joueurs (on pense notamment aux Chroniques de Riddick), tant le résultat relevait plus souvent de l’exploitation pure et simple d’une licence que d’un véritable projet artistique ambitieux. Le King Kong qui sort le 17 novembre sur tous les supports évite haut la main cet écueil.
Depuis ses 9 ans, Peter Jackson rêve de faire son King Kong. Si le film de 1933 est le long-métrage qui lui a donné envie de faire du cinéma, c’est le soft Beyond Good and Evil qui l’a convaincu de confier la réalisation du jeu vidéo King Kong au français Michel Ancel. Et le résultat est véritablement bluffant.
Petit résumé de l'histoire : Skull Island est le dernier espoir artistique de Carl Denham. Ce dernier est un réalisateur ruiné qui compte bien se refaire en prenant comme sujet cette île sur le point de disparaître. Il ne sait pas encore que l’endroit est maudit et peuplé de monstres préhistoriques fantastiques. L’un d’eux est un gorille géant que la tribu du coin vénère comme un dieu. Ses membres n’hésitent pas à sacrifier une vierge désespérée pour amadouer la créature. Problème : ils ont décidé d’enlever Ann Darrow, jeune actrice engagée par Denham, pour la donner en pâture à Kong.
Au-delà de l’histoire classique que développe le remake de Jackson et dont s’inspire également le jeu, c’est son traitement original, aussi bien graphique que ludique, qui donne à ce dernier un intérêt certain, ainsi qu’une puissance démesurée. Ancel a travaillé en étroite collaboration avec Jackon. Il définit le jeu comme une extension du film, car jamais il n’a été prisonnier d’un cahier des charges préétabli, imposé par le studio ou Jackson lui-même. Au contraire. Les deux hommes savaient par avance que les exigences d’un spectateur de cinéma passif et d’un joueur de jeu vidéo actif sont bien souvent très différentes. Dès les premières minutes du soft, on sent que ses auteurs ont voulu privilégier l’aspect visuel. Le rendu est épuré au maximum (il n’y a pas d’interface à proprement parler), et se concentre sur l’immersion totale du joueur dans les décors. Aidé par des graphismes absolument remarquables, une gestion de la lumière pointilleuse et un rendu des textures exemplaire, King Kong est un régal pour les yeux. De cette épure naît une interaction immédiate et constante avec ces décors qui deviennent essentiels pour la survie du joueur (pour récupérer des armes par exemple).
L’originalité de King Kong réside également dans son gameplay, puisque celui-ci est "double". D’un côté, vous incarnez Jack dans des phases FPS, et de l’autre, vous devenez Kong, dans des passages à la troisième personne. Cette rupture est aussi bien visuelle que sonore, car ces deux situations ne répondent pas aux mêmes caractéristiques de jeu. Lorsque vous évoluez dans la peau de Jack au sein de cette jungle oppressante, vous êtes la proie, et passez votre temps à fuir. Le mode FPS renforce cette impression d’immersion et d’étouffement. Il permet aussi d’apprécier pleinement le souci du détail accordé aux décors. Dans l’autre cas, vous êtes Kong, et vous devenez alors un prédateur puissant et impressionnant. Cette alternance de modes de jeu donne non seulement du rythme au soft, mais elle est sublimée par les choix visuels de ses auteurs. Dès lors que vous passez d’un personnage à l’autre, les perspectives ne sont plus les mêmes. Lorsque vous êtes Kong, vous redécouvrez les décors sous un autre angle, à une hauteur différente. Jack devient alors le spectateur de séquences ahurissantes et visuellement impressionnantes, ces dernières multipliant les mouvements et les perspectives. Plans américains, contre-plongées, panoramiques, plans larges, travellings, jump cut, tout y est. En plus d’être maîtrisés, ces plans sont magnifiquement organisés, avec un sens du cadre extrêmement précis. Les scènes d’action de King Kong font ainsi preuve d’un sens de l’espace et d’une profondeur de champs extraordinaires, qui s’étalent sur trois niveaux différents, et ce dans une même image.
La réussite de King Kong ne réside pas seulement dans sa conception purement ludique (les niveaux sont assez linéaires et scriptés), elle tient aussi à sa réalisation graphique, qui nous offre des décors époustouflants, une animation sans faille, et une interaction réjouissante. Il aura donc fallu attendre King Kong et l’association Peter Jackson/Michel Ancel pour que les joueurs se réconcilient enfin avec les adaptations vidéoludiques de grosses licences cinématographiques.

Cédric Melon - 11/2005
Peter Jackson's King Kong, le site officiel.
Multiplateformes, édité par Ubisoft.



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