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Les Boxtrolls

Un petit bijou d’humour absurde mêlant stop-motion et 3D.

Laika est devenu en quelques années un des principaux studios d’animation image par image  (stop motion), à l’égal d’un Aardman. Après leur participation à Les Noces Funèbres (2005) de Tim Burton, le fondateur Travis Knight a établi son studio en Oregon où jusqu’à 550 personnes travaillent sur des plateaux et ateliers s’étendant sur près de un km2. En sont sortis Coraline (2009) réalisé par Henry Selick et l’oscarisé L’Etrange Pouvoir de Norman (2012). Les Boxtrolls est leur troisième long-métrage d’animation conçu et filmé en 3D stéréoscopique. C’est un exemple de fusion entre la stop motion créée à la main et les effets spéciaux numériques.

Tiré d’un bestseller pour enfants d’Alan Snow , Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres  s’habillant de vieux cartons et terrifiant les habitants. En réalité les Boxtrolls sont d'attachantes créatures excentriques qui vivent en recyclant les déchets de la ville. Il faudra l’alliance d’Oeuf, un jeune garçon adopté dès son plus jeune âge par les Boxtrolls, et de Winnie, la fille du maire de la ville, pour réconcilier les deux communautés.

« Chaque film est un agitateur de pensées, sensible, progressiste et un brin subversif, explique Travis Knight, ici producteur et chef de l’animation. Avec Les Boxtrolls, il s’agit d’un film d’époque où enquête policière, comédie de l’absurde et aventure effrénée viennent se mêler à une magnificence visuelle et un fond réellement touchant. On est à mi-chemin entre Charles Dickens et Roald Dahl avec une touche des Monty Pythons ».  La réalisation est à la hauteur de cette forte ambition, grâce en particulier aux techniques développées par le studio Laika.

L’artisanat du stop motion
Filmée image par image, une seule prise peut prendre jusqu’à une demi-heure de mise en place. Une bonne journée équivaut à une mise en boîte d’une séquence de deux secondes ; pour une à deux minutes de pellicule comptez environ une semaine de travail. On filme donc en parallèle sur de nombreux plateaux : 79 en tout avec 26 décors différents pour Les Boxtrolls.

 Lors d’une matinée type, 20 séquences peuvent être tournées et c’est là que le motion control (contrôle à distance) est d’un grand secours, donnant la possibilité aux appareils photo de glisser seuls au milieu des décors, pour une impression de plus grande fluidité. Le système de guidage à distance Kruper pour les travellings et le système Dragon Iota pour les plans fixes, viennent compléter les manipulations des animateurs. Pour filmer Les Boxtrolls  en relief 3D stéréoscopique, Laika a utilisé quelque 56 appareils numériques, dont cinq Canon 5D ont servi pour les prises de Stop motion, tandis que le département numérique s’est servi d’une Red et de deux Sony HD.

La fabrication des poupées pour les personnages est à l’avenant. Pour les seuls Boxtrolls, on compte déjà 190 poupées. Le département qui s’occupe des poupées est composé de 60 personnes. Chacune des poupées nécessite  entre trois et quatre mois de travail, combinant le talent de plusieurs départements. Elles sont faites de silicone, de latex et de résine, le tout articulé autour d’un squelette en métal. Une équipe d’illustrateurs et designers, dont les français Michel Breton et Nicolas de Crécy, a dessiné, modélisé et maquetté ville et personnages en s’inspirant aussi bien d’Oliver Twist (version filmée de David Lean, 1947) que de l’univers de Terry Gilliam.

L’impression 3D pour plus d’expressions faciales
Pour la fabrication des têtes, deux techniques sont utilisées au gré des besoins du réalisateur : l’animation mécanique, parfaite pour les personnages de second plan, et l’animation de rechange, qui permet une plus grande palette d’expressions. Comme sur Coraline ou L’étrange pouvoir de Norman, les têtes de rechange pour les personnages (d’une texture silicone sur laquelle on peut appliquer des expressions imprimées en 3D), ont été largement privilégiées aux têtes mécaniques, d’une texture malléable mais aux traits plus rigides. Une simple grimace demande 150 têtes de rechange et une précision d’horloger…

Depuis Coraline, le Rapid Prototyping (une impression en 3D où la résine remplace l’encre) a révolutionné l’animation faciale, en qualité comme en quantité. La résine de silicone a presque la couleur et la texture de la peau et est facile à peindre. Il ne reste alors plus qu’à façonner l’éclairage pour que les visages s’illuminent de reflets plus vrais que nature. Et les animateurs n’avaient plus qu’à se servir dans la « bibliothèque d’expressions », avec plus de 1300 boîtes contenant près de 53 000 visages, dont 15 000 pour le seul Oeuf.

L’armature est le squelette d’un personnage. Et chaque partie du corps d’un personnage est moulée séparément à partir de sa maquette d’argile, puis articulée sur une rotule surmontée d’un globe (Ball & Socket)… le même procédé depuis King Kong en 1933. Une fois la marionnette type créée, on en reproduit plusieurs modèles. Pour Oeuf il a fallu à peu près 24 poupées, avec une armature de 122 parties indépendantes, faites de 80 composants métalliques différents.

Une recherche de la qualité qui se voit à l’écran : richesse visuelle de l’univers, qualité de l’animation, humour, rien ne fait défaut. La stop motion, une technique de pointe !

Paul Schmitt, octobre 2014

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