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Louise en hiver

Jean-François Laguionie revient avec une méditation douce et belle sur la vie et la vieillesse.

Son précédent film Le Tableau éclatait de couleurs vives. Du coup, Louise en hiver a un design d’aquarelle en couleurs pastel. Pas étonnant, Jean-François Laguionie aime commencer un projet alors qu’il en finit un autre : une sorte d’antidote à la lassitude qui finit toujours par vous gagner, dit-il, quand on passe 4 à 5 ans sur un film avec les mêmes personnages. L’aventure de Louise est aussi à l’opposé de l’histoire d’amour impossible du Tableau : Louise, 75 ans, passe ses étés dans une station balnéaire et s’y retrouve seule tout un hiver, ayant manqué le dernier train pour revenir en ville en septembre.

Cette improbable histoire de Robinson sur la côte normande est un prétexte à sortir de la vie courante, à explorer les souvenirs de Louise, à méditer sur le sens de la vie. « Une impression de paix domine dans Louise en hiver, explique Jean-François Laguionie. La vieillesse, la solitude n’y sont pas angoissantes ».

Jean-François Laguionie a procédé comme à son habitude pour développer Louise en hiver. Une fois l’histoire écrite, pas de script ni de storyboard : Jean-François Laguionie a dessiné librement – et vite insiste-t-il – sur de grandes feuilles de papier Canson , côté grain, avec une gouache un peu diluée. Une sorte d’écriture dessinée, à raison d’un dessin par plan, sachant que le film en compte presque 800. Ces dessins sont photographiés, éventuellement recadrés, puis montés avec une musique provisoire pour aboutir à une sorte d’ « animatique sauvage » qui exprime des intentions plutôt que des résultats. Et la comédienne Dominique Frot, qui interprète Louise, a enregistré à ce stade, en apportant son interprétation au personnage. La collaboration entre les deux artistes ne s’est pas arrêtée là : Dominique Frot, également directrice de collection aux Editions Delatour, publie cet automne 3 livres de nouvelles de Jean-François Laguionie dont bien sûr Louise en hiver.

Le producteur Jean-Pierre Lemouland, un ami de longue date, a pris la suite en main et réuni un budget de presque 4 millions d’euros pour produire Louise en hiver. Son studio JPL Films, installé à Rennes depuis 20 ans, a fabriqué presque tout le film sur place, en 7 mois, avec 10 animateurs. Modélisation et animation sont en 3D pour faciliter les mouvements de caméra, mais le rendu est volontairement 2D, reproduisant les aquarelles de Jean-François Laguionie, jusqu’au grain du papier Canson scanné et reporté sur les images du film. Seules les scènes de début et fin de film, avec les foules de vacanciers sur la plage, ont été réalisées en 2D par le studio et coproducteur Unité Centrale à Montréal. On remarque d’ailleurs la différence d’animation, plus stylisée et moins fluide pour ces séquences. Enfin, le studio lillois Tchack a pris en charge les effets visuels et la mer, personnage important tout au long du film.

Film adulte, et plus qu’adulte puisque le sujet en est la vieillesse, Louise en hiver peine à trouver son public en salles. Dommage pour un film qui emmène avec autant de conviction et de talent l’animation sur un territoire inhabituel. Mais Jean-François Laguionie ne s’y arrêtera guère ; il démarre début 2017 son prochain projet, Le Voyage du prince, où il reprend un des personnages de son grand succès Le Château des Singes (1999).

Paul Schmitt, décembre 2016

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