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Ma vie de Courgette

Un film poétique et sensible, bien servi par le choix de l’animation en volume : une première en France depuis Emile Cohl et Jean Painlevé !

L’animation en volume ou stop-motion se porte décidément à merveille. Après la récente sortie de Kubo et l’armure magique du studio américain Laika, voici que le Français Claude Barras s’y met à son tour en réalisant Ma vie de courgette, son premier long métrage, fabriqué au Pôle Pixel de Villeurbanne près de Lyon. Mais alors que Laika voit grand et combine innovations techniques et animation volume pour réaliser des épopées à la hauteur des blockbusters en animation 3D, Claude Barras suit une voie plus traditionnelle (et moins coûteuse !) au service d’un film poétique, juste et sensible sur des enfants placés en foyer d’accueil et réapprenant la vie et le bonheur. Ma vie de Courgette a déjà séduit le festival d’Annecy (Cristal du long métrage et prix du public 2016) en attendant – ce serait mérité – un succès en salles pour ces vacances de la Toussaint.

Claude Barras n’est pas un novice en animation en volume : il a déjà réalisé 3 courts métrages en stop-motion, dont le premier Le génie de la boîte de raviolis (2006) a été multiprimé dans les festivals. Il a lui-même voulu adapter au cinéma le roman Autobiographie d’une Courgette (2002) de Gilles Paris au point de réaliser en 2010 un pilote de3 minutes en stop motion. « Ce teaser extrêmement convaincant présentait la technique du film, ainsi que son héros, Courgette. Il ne manquait alors qu’une pièce maîtresse, un scénario à la hauteur de nos attentes, qui nous a été offert par Céline Sciamma » précisent les suisses Max Karli et Pauline Gygax de Rita productions, premier producteur de Ma vie de Courgette et chez qui se déroulera le montage. Les rejoindront dans cette aventure franco-suisse Blue Spirit Productions d’Angoulême, déjà producteur du Tableau de Jean-François Laguionie (2011), et qui prendra en charge le compositing, ainsi que le monégasque KNM dont le soutien permettra de doubler le nombre de plateaux de tournage de 9 à 16 plateaux pour respecter les délais sans rogner sur la qualité de la réalisation.

Les choix de Claude Barras
Mise en scène : « Ma Vie de Courgette se veut un film intimiste, proche de l’univers intérieur de ses personnages, précise la note d’intention de Claude Barras. J’ai tenu à laisser le temps aux petits gestes, aux mimiques, aux clignements de paupières, aux moments d’attentes. J’ai souvent utilisé de longs plans-séquences sur les regards et les émotions plutôt qu’un découpage en champ/contre-champ classiquement utilisé pour l’animation. Cela donne au film un rythme singulier, plutôt lent. »

Choix esthétiques : « En confrontant les voix très naturalistes à l’esthétique très stylisée des personnages et des décors, j’ai tenté d’insuffler dans l’univers du film quelque chose de l’écriture particulièrement poétique de Gilles Paris. La clef de cet univers réside dans le regard des personnages. Leurs immenses yeux, grands ouverts sur le monde, font la part belle à l’émotion et à l’empathie. C’est une poésie urbaine post-moderne, contrastée, qui se dégage de Ma vie de Courgette. Les décors sont plutôt tristes et ombres, symbolisant le fond sociologique de maltraitance non figuré. Les couleurs plus vives et plus lumineuses des personnages reflètent leur résilience et leur positivité. Face aux difficultés du destin, ils sont entrés en résistance. »

La stop-motion, une aventure artisanale
« Il a fallu fabriquer et peindre une soixantaine de décors et cinquante-quatre marionnettes dans trois déclinaisons de costumes. Nous avons ensuite, durant huit mois, tourné soixante-dix minutes de film, répartis sur quinze plateaux de tournage, à raison de trois secondes par jour et par animateur. Huit mois supplémentaires ont été nécessaires pour sonoriser le film et assembler toutes les prises sur fond vert avec les premiers-plans, les arrière-plans, les ciels, les nuages ainsi que les autres fonds de décors créés par ordinateurs. En résumé, un marathon de deux ans de travail acharné jusqu’en fin 2015, impliquant plus de cent cinquante «artisans», mais nous avons préservé ce faisant un système de production à échelle humaine tout au long du tournage. »

Et aussi, on l’espère, créé un précédent qui viendra enrichir l’animation française d’une technique ancienne en plein renouveau.

Paul Schmitt, octobre 2016

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