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Oblivion

Notre making-of de ce thriller futuriste maintenant avec 4 vidéos courtesy Universal Pictures.

Vidéos à voir en bas de page à la fin de l'article.

Le réalisateur de Tron : L’héritage revient avec un thriller de science-fiction très convaincant. Pour créer cette Terre dévastée du futur, en contraste avec le design futuriste des vaisseaux spatiaux, Digital Domain et Pixomondo ont rivalisé d’inventivité et de raffinement visuel.

En 2005, cinq ans avant qu’il ne réalise Tron : L'héritage, Joseph Kosinski avait écrit une nouvelle de 12 pages intitulée Oblivion. Cette histoire futuriste située en 2077 – six décennies après qu’une invasion extra-terrestre ait rendu la Terre pratiquement inhabitable – suit la mission de Jack (Tom Cruise), un réparateur de drone opérant sur notre monde désormais dévasté. Comme pour Tron : L’héritage, le résultat est un film aux images d’une rare élégance.

Ce raffinement visuel est dû en grande partie à la résolution 4K - exceptionnelle – des nouvelles caméras Sony F65. Oblivion est le premier film à en avoir bénéficié. “La résolution était extraordinaire !” s’exclame R. Matt Smith, superviseur du compositing pour Digital Domain. “Jamais je n'avais vu des images aussi nettes ! Normalement, on doit dégrader les éléments créés en 3D pour qu'ils s'intègrent dans une image filmée en 35 mm – ces éléments numériques sont trop « parfaits » pour sembler réels. On ajoute du grain, on réduit la netteté, etc. Pour Oblivion, cela n'a même pas été nécessaire. Les images en 4K étaient tellement nettes et précises qu’on pouvait intégrer directement les animations 3D sans dégradation !”

Oblivion comporte plus de 800 plans à effets visuels sur un total de 1600 plans environ. Les effets ont été répartis entre deux sociétés : 370 plans pour Digital Domain, 456 pour Pixomondo. Si tout le monde connaît le studio cofondé par James Cameron, Pixomondo est beaucoup moins réputé. Sa structure est unique en son genre : au lieu d’avoir un ou deux bureaux, la société fonctionne avec des unités de production réparties tout autour du globe : Los Angeles, Toronto, Londres, Stuttgart, Shanghai, etc. Lorsqu’un bureau ferme quelque part, un autre prend la suite dans un autre fuseau horaire, le travail ne s’arrête donc jamais. La société a connu la consécration il y a un an avec l’Oscar des effets visuels pour Hugo Cabret. Son studio de Londres (maintenant fermé) est aussi largement in tervenu pour les VFX de la série Game of Thrones (saisons 2 et 3).

Tour et Techoptères
Sur Oblivion, Pixomondo s’est chargé de la Tour, base et lieu d’habitation de Jack et sa collègue Vika, perchée à mille mètres d’altitude, des Techoptères (des hélicoptères futuristes), et des environnements correspondants. Constituée essentiellement de verre, la Tour était l’un des éléments clés du film. Pour rendre le jeu des acteurs plus naturel, et pour éviter tout souci au niveau des reflets du ciel sur les intérieurs, le réalisateur a décidé d’intégrer l’environnement dès la prise de vues, au lieu de filmer sur fond vert. Kosinski a opté pour la bonne vieille technique de la projection frontale qui consiste à projeter une image haute résolution sur un écran recouvert de matériau hautement réfléchissant.

Les images aériennes ont été tournées depuis le sommet d’un volcan à Hawaï, un site offrant une vue dégagée à 360 degrés. Trois caméras Red Epic juxtaposées ont filmé le ciel sur 120 degrés. Les images ont ensuite été assemblées par Pixomondo de manière à former une dizaine de cycloramas QuickTime de 14K de largeur sur 2K de hauteur. Les films étaient ensuite projetés à partir de 20 projecteurs HD sur des écrans de 13 mètres de haut derrière les vitres du décor. Résultat, des dizaines de plans enregistrés en direct, sans effets visuels (avec une belle économie à la clé), et une immersion totale du décor intérieur et des comédiens dans l’environnement.

Cette Tour est la base d’attache du Techoptère, sorte d’hélicoptère futuriste avec lequel le héros, Jack, explore la planète. Suivant les scènes, l’engin a été créé par Digital Domain ou Pixomondo – les deux sociétés ont étroitement collaboré sur ce film. “Nous sommes partis du vaisseau réel qui avait été construit grandeur nature par la production,” explique R. Matt Smith. “Il était remarquablement détaillé. L'équipe des effets spéciaux de plateau l'avait installé une plate-forme mobile qui permettait de simuler les mouvements de vol sur les acteurs à l'intérieur. Cela permettait de filmer tous les gros plans sur le cockpit. Dans ces cas-là, on filmait sans la bulle de verre car elle reflétait le studio et le fond vert. Dans les plans larges, l'engin est une animation 3D. Le vaisseau réel a été photographié sous tous les angles et sous différentes configurations d'éclairage. Nous avons pu ensuite reconstituer l’engin avec une extrême précision. Cela dit, la plupart des scènes de vol ont été réalisées par Pixomondo.”

Drones de combat par Digital Domain
Digital Domain s’est également chargé de créer les drones, ces robots de combat qui traquent les extraterrestres infiltrés sur Terre. Comme pour le vaisseau-bulle, le département artistique a fabriqué un drone grandeur nature. Il était utilisé dans tous les plans où l'engin était statique ou peu mobile. “Le look des drones a été développé en 3D par l’équipe de décoration. Nous avons pu récupérer les fichiers correspondants, ce qui nous a permis d'obtenir très rapidement une réplique exacte de l'objet réel. Pendant le tournage des plans destinés à l’animation 3D, on essayait toujours de filmer une prise supplémentaire avec ce drone réel dans le décor. Cela nous donnait une référence parfaite du résultat à obtenir.”

Le processus d’animation des drones a mis en évidence un problème de conception. “Leur forme sphérique était mal adaptée au vol. Ça passait mal à l'écran, le vol semblait artificiel. Pour pallier ce problème, nous avons travaillé sur un concept de jets propulseurs. En situation de vol, le drone émet des jets de gaz multidirectionnels qui lui permettent de se stabiliser et de se diriger. Sur le plan visuel, ça fonctionnait infiniment mieux.”

La Terre après l’apocalypse
Digital Domain
a également travaillé sur de nombreux paysages de la Terre en ruines. Cela comprenait la scène où Jack traverse à moto un désert qui était autrefois une base navale militaire. L'action a été filmée en Islande, comme la plupart des extérieurs du film, puis l’équipe a ajouté des épaves de navires de guerre en train de rouiller au soleil. Dans une autre scène, le personnage survole un canyon rectiligne qui se révèle être ce qui reste de la Cinquième Avenue à New York.

 Pour créer les bâtiments, Digital Domain s’est servi de sa banque de données qui comprend de nombreux quartiers de la ville. “Nous avions déjà reconstitué Manhattan en images de synthèse pour Le Jour d’après, entre autres. Ça nous a donné le point de départ de cet environnement. Puis, les façades ont été détériorées, les vitres brisées, la peinture écaillée, etc., à l'aide de nombreux matte-paintings. Ensuite, la plaine a été ajoutée autour. Nos logiciels de prédilection ont été Maya pour l’animation, Houdini pour les effets, vRay pour le rendu et Nuke pour le compositing. Tout a été éclairé en illumination globale en HDRI.”

Jack combat Jack
La scène peut-être la plus complexe de tout le film est celle où Jack affronte son clone. Le combat a été filmé une première fois avec Tom Cruise interprétant le héros face à une doublure cascade de même taille et de même corpulence, puis les rôles ont été inversés pour une deuxième prise en tout point identique. Le but était de combiner les deux en utilisant la tête de Tom Cruise de la prise 2 et le corps du cascadeur de la prise 1. “Ça n'a pas toujours été possible. Dans l'énergie du combat, la position des corps bougeait trop, et le décalage était parfois trop grand pour qu'on puisse combiner les deux prises. Dans ces cas-là, on utilisait une réplique 3D du visage de Tom.”

Pour Digital Domain et Pixomondo, Oblivion s’est avéré être un projet hors norme à double titre. Premièrement, les délais ont été de neuf mois, ce qui constitue un vrai luxe en cette époque de postproduction accélérée. Deuxièmement, Joseph Kosinski a fait preuve d’une précision rarissime à la réalisation. Très peu de plans ont été annulés en cours de production, et l’équipe a souligné à quel point le cinéaste savait ce qu’il voulait du début à la fin. Oblivion n’aura pas été l’un de ces projets « cauchemars » sur lesquels le réalisateur change d’avis jusqu’à la dernière minute. Et sans surprise, cela se voit à l’écran…

Alain Bielik, avril 2013
(Commentaires visuels: Paul Schmitt)
Spécialiste des effets spéciaux, Alain Bielik est le fondateur et rédacteur en chef de la revue S.F.X, bimestriel de référence publié depuis 22 ans. Il collabore également à plusieurs publications américaines, notamment sur Internet.

Oblivion: le Techoptère
Oblivion: la Tour
Oblivion: tournage en Islande
Oblivion: extraits
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