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Renaissance(2)

Le making-of : Un polar futuriste, façon French touch

Suite de notre entretien avec l'équipe du film avec les grandes étapes de la fabrication de ce film. Voir aussi les commentaires des images ci-dessous pour plus de détails sur des points précis.

La fabrication du film
Marc Miance : La fabrication du film a duré presque 2 ans, de 2004 à 2005, en 4 étapes de 6 mois chacune : le tournage et la validation de l'acting, l'animatique, l'animation et enfin le rendu et la finition. Un des problèmes ici a été que l'animatique 3D, qui remplace rapidement le storyboard pour une animation keyframe, n'etait pas adaptée à notre choix de motion capture. Le jeu d'acteurs en motion capture s'éloigne rapidement du storyboard, et le cadrage définitif n'est fait qu'après le tournage. Du coup, l'animatique 3D et le layout définitifs n'ont été réalisés qu'à ce moment là, au bout d'un an.
Christian Volckman : Nous avons aussi fait des recherches avec deux dessinateurs de BD pendant 6 mois pour trouver un look « graphique réaliste» pour nos personnages. Ce film en compte 120 : 20 principaux, 40 secondaires, 60 figurants. La modélisation 3D a été faite à partir de dessins, avec en plus les proportions des comédiens pour retrouver en « mocap » les finesses du jeu des acteurs.

Animation
Marc Miance : La capture de mouvements a été utilisée autant que possible pour les scènes d'acteurs, elle restitue non seulement le mouvement mais aussi l'intention de jeu de l'acteur. Le tournage a eu lieu au Luxembourg, notre grand studio de Saint Denis (93) n'étant alors pas encore prêt. Nous avons utilisé un système Vicon de caméras en rouge et infrarouge avec 24 caméras à 1 mégapixel prenant 100 images par seconde. En 10 semaines de tournage, nous avons récupéré les données et les avons appliquées aux squelettes des modèles : c'est la phase d'intégration, avec des aller-retours entre modélisation et mocap pour affiner le skinning des modèles.
Christian Volckman : Comme le tournage « mocap » est à 360° , il faut ensuite cadrer l'image : 3 cadreurs ont sorti des rushes pour le monteur. Cela donne une grande liberté de réalisation, mais il vaut mieux avoir préparé son coup, sinon on peut y passer un temps infini!
Marc Miance : L'animation keyframe intervient pour les véhicules, comme dans les courses-poursuite, ou les scènes de cascade. Le rendu en aplats N&B des visages ne nécessitant pas de motion capture, nous l'avons aussi utilisée pour l'animation faciale en réalisant des bibliothèques d'expressions à partir de prises vidéo des visages des acteurs. Par contre, l'oeil est fondamental, c'est le départ de l'action comme de l'émotion. Nous avons soigné donc l'animation des yeux en inventant un appareil spécial pour capturer les mouvements de l'oeil du comédien : une paire de lunettes avec une minicaméra sur une branche de la monture qui filme la réflexion de l'oeil sur la lentille et le jeu des paupières, sans gêner la vision de l'acteur. Le problème, c'est que l'appareil doit être calibré chaque jour sur l'acteur pour être fiable!

Rendu, effets et finition

Marc Miance : Pour le rendu et la finition, on reprend l'animatique pour retravailler décors et lumières. Le modèle en volume, une fois éclairé, doit retoruver l'intention graphique du film et le plan fait par l'architecte. Pour obtenir ce rendu graphique, une lumière n'éclaire qu'un personnage ou une surface. Le rendu noir et blanc a été fait avec un shader B/W développé pour le logiciel AIR et Maya par Stephane Marty en interne. Mais auparavant, il y a eu un énorme travail de texturing personnages supervisé par Jimmy Laplaige, et un énorme travail de texturing décor supervisé par Lionel Richerand. Les shaders ont reçu des maps aussi bien dans l'entrée couleur, le bump, ou encore le displacement.
Pascal Valdès (Direction artistique) : Chaque élément est rendu séparément, puis composité avec le logiciel Shake d'Apple. Les couches séparées permettent d'étalonner comme on veut les objets, de changer lumière et rendu. Par exemple, dans le bureau de Dellenbach, le dirigeant d'Avalon, il y a des objets gris et translucides: des écrans d'ordinateur, un hologramme de tête de Bouddha. De manière générale, le gris et les transparences n'interviennent que pour la compréhension ou pour des réflexions sur les vitres.
Marc Miance : On rajoute au compositing les effets comme la pluie et les reflets, ainsi que la profondeur de champ. Ajoutons aussi que 50 personnages dans ce film ont des vêtements qui flottent autour d'eux, et ces vêtements ont été simulés avec le logiciel Syflex. En tout, il y a 2h de simulation de vêtements dans ce film.

Paul Schmitt - 03/2006


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Sortie : 15 mars 2006/Coming on March 15, 2006
Renaissance,durée : 1h45
Coproduction : Onyx Films, Millimages, Luxanimation, Timefirm Ltd, France 2 Cinéma
Réalisation : Christian Volckman, d'après le concept original visuel de Marc Miance
Histoire originale : Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière, Patrick Raynal & Jean-Bernard Pouy
Studio d'animation : Attitude Studio
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