pixelcreation.fr - amoureux de l'image

  • > Abonnez-vous à notre newsletter

X-Men Days of Future Past

Pour sauver notre avenir, les mutants de Marvel remontent le temps jusqu’aux années 1970. Une histoire ambitieuse portée par des effets visuels enthousiasmants.

Après les années 1960 de X-Men : le Commencement, les années 1970 ! Et ce à travers un scénario classique en science-fiction : pour empêcher un drame de survenir, un personnage remonte le temps afin de « corriger » la chaîne d’événements qui va engendrer la future tragédie. Au cinéma, ce thème a été illustré par des films comme Retour vers le Futur 2, Terminator ou encore Men in Black 3.
Dans X-Men : Days of Future Past, c’est Wolverine qui entreprend ce voyage dans le temps. Sa mission : sauver l’humanité de l’avènement des Sentinelles, des robots géants intelligents construits au départ pour éliminer les mutants, mais qui éliminent aussi tous les humains susceptibles d’engendrer des mutants, cad presque tout le monde !

Plus de 1300 plans à effets visuels ont été nécessaires pour visualiser cette histoire très complexe. L’ensemble du projet a été placé sous la supervision de Richard Stammers, Superviseur des effets visuels de MPC sur la saga Harry Potter et sur Prometheus. Les scènes les plus importantes ont été traitées par MPC et Digital Domain. Le reste a été réparti entre Rhythm & Hues, Rising Sun Pictures, Fuel VFX, Mokko VFX et d’autres prestataires.

Les Sentinelles : des robots aux bio-robots
Pivots de l’histoire, les Sentinelles ont été réalisées en animation 3D. “Nous avons créé deux versions différentes, une pour les scènes en 1973 et une autre pour les scènes dans le futur,” explique Stammers. “Digital Domain a réalisé la version 1973, des robots articulés de 5m de haut. MPC s’est occupé de la version du futur.
Ces Sentinelles nous ont donné beaucoup de fil à retordre. La plupart des robots ont des surfaces métalliques, mais les Sentinelles peuvent faire coulisser leurs écailles métalliques les unes sur les autres pour changer de forme ou s’ouvrir. Leur structure est très complexe, leurs mouvements organiques, ce qui compliquait grandement le calcul des images. Par ailleurs, comme elles étaient des éléments essentiels du film, nous ne voulions pas nous contenter de filmer des décors vides. Nous avons donc utilisé une variante du système SimulCam [ndlr - mis au point pour Avatar]. Les plans ont été prévisualisés dans Maya par Third Floor. Pendant le tournage, ces animations étaient importées dans MotionBuilder et le logiciel combinait ces images avec celles de la prise de vues. Autrement dit, sur les moniteurs, on voyait les Sentinelles 3D évoluer en temps réel au milieu du décor réel et des acteurs. Ça nous permettait de placer les acteurs, de peaufiner le cadrage, etc.”

La même technologie a été employée pour visualiser sur le plateau les extensions de décor dans deux scènes cruciales pour lesquelles seule une petite partie du décor avait pu être construite.

D’un mutant à l’autre
Comme à chaque nouvel épisode de la saga, le film présente de nouveaux mutants (dont l’un, Lucas Bishop, est interprété par notre Omar Sy national) qu'on voit ici combattre face aux Sentinelles, en particulier à la fin du film à l’entrée du dernier refuge des X-Men (un temple chinois abandonné).

Parmi ces nouveaux venus, Vif-Argent (Quicksilver en vo) sort nettement du lot. Ce mutant a le pouvoir de se déplacer si vite que les gens autour de lui semblent être figés sur place. Dans certains plans, l'action a été filmée avec une caméra Phantom Flex4K qui tournait à 3200 images par seconde ! “Nous nous sommes calés sur la vitesse maximale qu’on pouvait obtenir tout en conservant une résolution de 2K,” précise Stammers. “À 3200 images par seconde, le temps semble être arrêté, le résultat est vraiment stupéfiant. Le seul inconvénient, c'est que comme chaque image n'est exposée d'une fraction de seconde, il faut une quantité phénoménale de lumière pour obtenir une exposition correcte. Du coup, les acteurs avaient le plus grand mal à garder les yeux ouverts, tant ils étaient éblouis… Sinon, nous avons employé des techniques plus traditionnelles comme de filmer séparément Vif-Argent et les autres personnages, ou même de filmer les acteurs immobilisés sur place dans le décor – un truc vieux comme le cinéma ! Bien sûr, dans ce genre d’effet, les acteurs bougent toujours un petit peu, mais nous éliminions ces micromouvements en détourant l’acteur et en re-projetant son image sur un corps en 3D parfaitement immobile.”

De son côté, Solar a le pouvoir d’absorber l’énergie solaire pour accroître sa force de manière démesurée, ou bien pour projeter des rayons d’énergie pure vers ses ennemis. L’équipe a utilisé un mélange de plusieurs éléments graphiques : d'un côté, des photos de la NASA montrant la surface du soleil, avec des gaz en ébullition ; de l’autre, des peintures abstraites basées sur le même concept. Cette combinaison d’images a donné des textures très riches qui ont servi à visualiser l'énergie intérieure du personnage.

Dans le même registre, Omar Sy (Intouchables) incarne Lucas Bishop, un mutant capable d’absorber toutes sortes d’énergie pour alimenter son fusil plasma.

Les métamorphoses de Mystique
Pour les mutants déjà apparus dans le film précédent, le processus était nettement plus simple car le design de chaque pouvoir était déjà établi. Les différentes équipes ont donc repris les techniques utilisées sur le film de Matthew Vaughn et optimisé ce qui pouvait l’être. Les effets de transformation de Mystique, la séduisante métamorphe incarnée par Jennifer Lawrence, étaient comme toujours parmi les plus élaborés car ils impliquaient la combinaison d’au moins deux prises de vues différentes. “Il fallait tourner la scène deux fois, une fois avec Jennifer et une fois avec l’acteur ou l’actrice qui interprétait le personnage que Mystique venait d’imiter. À chaque fois, on essayait d'aligner les deux le plus précisément possible, mais il fallait toujours reprendre l’effet avec un corps intermédiaire animé en 3D, même si on ne reprenait qu’un bras ou un morceau de buste. Cela permettait de compenser les variations de gabarit, de taille, etc. C'était plus simple pour les plans où Mystique passe de sa forme humaine à sa forme mutante et inversement car les deux étaient interprétés par Jennifer.”

La transformation la plus complexe survient au beau milieu d’une scène d’action alors que Mystique est en plein mouvement. “Cette fois, trois interprètes se sont succédés : l’acteur original, Jennifer maquillée en Mystique, et sa doublure cascade maquillée elle aussi en Mystique. Ils se sont entraînés à effectuer exactement les mêmes gestes. Nous les avons filmés l’un après l’autre avec un motion control qui répétait à chaque prise le même mouvement de caméra. Nous avons dû faire une bonne cinquantaine de prises ! Ensuite, Digital Domain a reconstitué un mouvement le plus fluide possible à partir des trois interprètes. Le résultat est un mélange de bouts de plan extraits d’une bonne dizaine de prises différentes, avec des segments animés en 3D pour parfaire le look final.”

L'une des grandes nouveautés concernant Mystique sur ce film, ce sont ses yeux. Au lieu d’utiliser des lentilles de contact, comme sur les films précédents, l’équipe a choisi de créer le regard de Mystique avec des yeux animés en 3D. “Je trouve que le résultat est vraiment réussi, le regard a plus de profondeur, les reflets sont plus intéressants, etc.” commente Stammers.

Les griffes de Wolverine
Quant à Wolverine, après pas moins de six films, les effets de griffes sont aujourd’hui parfaitement au point. Selon les plans, l’acteur porte des griffes en aluminium fixées sur une poignée qu’il serre dans ses poings, ou bien des griffes en caoutchouc mousse pour les plans de cascades, ou encore des griffes partielles – 2 cm seulement – qui sont complétées par des extensions 3D pour les scènes de combat. Les plans de jaillissement ou de rétractation des lames sont réalisés en animation 3D, l’acteur Hugh Jackman portant dans ce cas-là des marques de tracking sur des poings.

 

Au départ, le scénario prévoyait beaucoup plus de mutants, les fans devaient être à la fête, mais des considérations budgétaires ont revu ces ambitions à la baisse. “Dans un film de superhéros, on doit normalement concevoir le superpouvoir de deux ou trois personnages maximum, soit celui du héros et celui de ses adversaires,” explique Stammers. “Ensuite, ces effets sont répétés sur toute la durée du film, ce qui permet d’étaler le coût de recherche et développement sur autant de plans. Mais avec les X-Men, c’est très particulier car chaque personnage nécessite un effet visuel qui lui est propre. Et comme il y a beaucoup de mutants, ces effets ne peuvent être amortis que sur un nombre limité de plans. L’impact sur le budget est très conséquent. Aussi, au début du projet, nous nous sommes posés la question de l'importance de chaque mutant dans l'histoire. Untel est-il réellement indispensable ? Doit-on vraiment investir dans trois mois de travail pour un effet qui ne sera utilisé que dans trois ou quatre plans ? Au final, nous n’avons conservé que les mutants dont nous avions vraiment besoin pour raconter l’histoire. C’était aussi bien car cela nous a permis de nous concentrer sur un plus petit nombre de personnages et d’en tirer le meilleur parti !”

Alain BIELIK, Mai 2014
(Commentaires visuels : Paul Schmitt)
Spécialiste des effets spéciaux, Alain Bielik est le fondateur et rédacteur en chef de la revue S.F.X, bimestriel de référence publié depuis 23 ans. Il collabore également à plusieurs publications américaines, notamment sur Internet.

Galeries à voir sur le même sujet:

> Logan

> X-Men Apocalypse

> X-Men Days of future past

> Wolverine le combat de l'immortel

> X-Men le Commencement

> X-Men Origins: Wolverine

01 X-Men Days of Future Past Mystique 02 X-Men Days of Future Past Bolivar Trask 03 X-Men Days of Future Past Sentinel 04 X-Men Days of Future Past Sentinelle 05 X-Men Days of Future Past 06 X-Men Days of Future Past Wolverine 07 X-Men Days of Future Past Charles Xavier Professor X 08 X-Men Days of Future Past 09 X-Men Days of Future Past Vif-Argent Quicksilver 10 X-Men Days of Future Past Sentinelles Mark 1 11 X-Men Days of Future Past 12 X-Men Days of Future Past Erik Lehnsherr 13 X-Men Days of Future Past Tournage 14 X-Men Days of Future Past Magneto 15 X-Men Days of Future Past Tempete Storm 16  X-Men Days of Future Past Sentinel firing



XitiMise en œuvre technique : Typo3 Oblady  -  Conception Internet par Pixel Interactive