pixelcreation.fr - amoureux de l'image

  • > Abonnez-vous à notre newsletter

Abstractions 50

Retour sur l’âge d’or de l’abstraction en France.

L’Abstraction nait et s’épanouit en Europe dès les années 20 avec notamment le mysticisme d’un Kandinsky, les recherches géométriques de Mondrian et De Stijl ou encore Malevitch et le constructivisme en Union Soviétique. Mais le vent de liberté qui souffle à la fin de la seconde guerre mondiale lui donne un nouvel élan; on voit une explosion de formes d’expressions nouvelles, s’opposant souvent violemment entre elles, mais regroupées sous le vocable « Abstraction Lyrique ».

Paris est au centre de ce mouvement, attirant artistes français comme étrangers, soutenus par un réseau de nouvelles galeries et critiques d’art. Cette «Seconde École de Paris», succédant aux mouvements de l’entre-deux-guerres (fauvisme, surréalisme, dadaïsme,…) imposera en 20 ans l’Abstraction comme expression dominante en peinture et gardera à Paris son rang de capitale mondiale de l’art, jusqu’au début des années 60 où le Pop Art établira la prééminence newyorkaise.

Cette « École » compte autant de vocabulaires plastiques que de peintres. Ce foisonnement se traduit, pour certains, par une sorte de libération du «moi-profond» mû par l’Élan vital, la Nature, ou  le Sacré… Pour d’autres, elle continuera à prendre la forme de structures plastiques où la sensibilité  sera subordonnée à l’intelligence et à la raison. Cela se traduit, pour les premiers, par une succession de mouvements qui s’affranchissent de la forme au profit de la couleur, de la matière, du geste ou de la composition : gestuel, matiériste, paysagiste abstrait, nuagiste, lettriste.
Certains fondent leur création en s’imposant des contraintes sous trois formes:
. La couleur, avec le noir par exemple: Soulages, Marfaing
. La forme, avec la géométrie: Dewasne, Deyrolle, Mortensen, Holley, Vasarely
. L’expression, le signe, avec par exemple avec le lettrisme: Noël, Quentin, Don Fink
D’autres choisissent l’entière liberté de créer par :
. Le geste pur : Bryen, Mathieu, Schneider, Hartung, Degottex
ou par une transcription moins directe faisant appel:
. Aux croyances: Manessier, Bertholle, Zack
. Aux origines: Atlan, Poliakoff, Viera da Silva, Rezvani, Chu Teh Chun
. À la nature!: Tal Coat, Bissière, Le Moal, Nallard

Maria Helena Vieira Da Silva, L'Atelier à l'Harmonium, 1950

L’exposition à l’Atelier Grognard, voisin du Château de la Malmaison à Rueil-Malmaison (92), jusqu’au 19 mars 2012, rassemble près de quatre-vingt-dix oeuvres qui proviennent, pour l’essentiel, de collectionneurs privés sollicités par François Callu-Merite et Sylvain Féat, experts et commissaires de l’exposition. Saluons ici la pédagogie de la scénographie, qui regroupe les œuvres par thèmes (Le Signe et le Geste, Couleurs Plans et Matières, etc.) pour en faciliter la compréhension par les non-initiés. Abstractions 50 est une exposition majeure, qui consacre aussi le rôle croissant de l’Atelier Grognard sur la scène parisienne, avec des expositions photographiques (Marc Riboud et Sabine Weiss cette dernière année) ou picturales (Dali, Dubuffet, les postimpressionistes) d’excellent niveau.

Clémentine Gaspard, janvier 2012
(dossier de presse : François Callu Mérite et Sylvain Féat)


Andre Lanskoy Miracle instantane Gerard Schneider Sans titre Hans Hartung Sans titre Jean Bertholle  Instrument de la passion Jean Dewasne Akond de swat Jean Le Moal Sans titre Maria Helena Vieira Da Silva Atelier harmonium Richard Mortensen Sirmione III Roger Bissiere Composition 199



XitiMise en œuvre technique : Typo3 Oblady  -  Conception Internet par Pixel Interactive