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James Rosenquist

Four decades, 1970-2010

Rare maître du Pop art à être toujours parmi nous, James Rosenquist a mué depuis en peintre abstrait, fasciné par les énigmes de l’univers.

Né en 1933, peintre d’affiches publicitaires à ses débuts, James Rosenquist en a gardé une facilité à travailler ses œuvres sur plusieurs plans et à jouer avec les thèmes.  Il aborde ainsi des sujets aussi variés que la géopolitique, la technologie, l’écologie, ou la cosmologie.

Adepte du collage visuel, James Rosenquist compose ainsi dans les années 60 et 70 des oeuvres fortes, qui utilisent l’iconographie des médias de masse pour interroger la culture capitaliste moderne. Et qui révèlent les fards de la société américaine, qu’il s’agisse de paysages urbains façonnés par le consumérisme ou de la flore tropicale luxuriante de la Floride, où il réside depuis les années 1970. Les compositions élaborées de l’artiste, qu’elles soient séquentielles, kaléidoscopiques ou entrecroisées combinent plusieurs niveaux narratifs tout en jouant avec les volumes et les échelles.

Les années 1980 et le début des années 1990 sont caractérisées par son emblématique technique du « hachurage ». L’une des pièces maîtresses de l’exposition est la toile de 14 mètres de long et de 5 mètres de large intitulée Four New Clear Women (1982). Sa composition à la fois complexe et éclatée est emblématique des oeuvres de cette décennie. Celle-ci s’inspire de la forme découpée des palmiers du jardin de l’artiste en Floride. La technique de l’artiste permet d’imbriquer deux plans picturaux en un, afin de produire un effet de condensation visuelle. Le titre de la peinture repose par ailleurs sur un jeu de mots : quelle est la position de ces « new clear women », ces femmes au pouvoir à l’époque, notamment Margaret Thatcher et Indira Gandhi, face à la menace nucléaire ? James Rosenquist laisse planer l’ambigüité sur le caractère belliciste ou pacifiste de ces dirigeantes.

En parallèle d’oeuvres aux motifs floraux, James Rosenquist réalise également des peintures aux allures de rêves hallucinatoires sur le thème de l’espace. Le cosmos, espace et temps confondus, le fascine, il en fait son thème de prédilection depuis les années 90. Les séries intitulées Speed of Light et The Hole in the Centre of Time en explorent les différentes facettes. Rosenquist est fasciné par la théorie de la relativité d’Einstein selon laquelle un spectateur immobile voit une action différemment d’un spectateur se déplaçant à la vitesse de la lumière. La série intitulée Speed of Light (2000-2006) combine des objets peints de manière hyperréaliste avec des formes abstraites et dynamiques évoquant des ondes énergétiques. Time Stops the Face Continues (2008) and Speed of Light Illustrated (2008) de la série The Hole in the Centre of Time comportent des systèmes de miroirs motorisés qui permettent de faire entrer à la fois le spectateur et l’environnement alentour dans la toile. L’oeuvre change ainsi d’aspect en fonction de la position du spectateur et nous amène à nous interroger sur notre perception de la réalité.

Pour composer ses peintures, James Rosenquist part le plus souvent d’un collage réalisé à partir de dessins et d’images collectées. Celles-ci sont le plus souvent déformées à l’aide d’un cône aux propriétés réfléchissantes et d’une photocopieuse. James Rosenquist les transpose ensuite à main levée sur une toile monumentale quadrillée, sans aérographe ni outils technologiques.

Ces œuvres, de proportions souvent monumentales, sont à voir dans la grande halle de la galerie Ropac à Pantin (93) jusqu’au 7 janvier 2017. Parallèlement, une trentaine de collages, études préparatoires de toiles, sont exposées à la galerie Ropac dans le Marais (Paris 4ème).

Ces collages de petit format sont montrés non seulement comme étant des études préparatoires pour le tableau final mais aussi comme des oeuvres à part entière. Pour James Rosenquist, « le collage est comme une lueur… un reflet de notre société moderne. Par exemple, mettons que vous vous promenez dans le centre de Manhattan en regardant les jambes des femmes qui marchent devant vous, vous verrez tout de même, dans votre champ de vision, le taxi qui arrive et qui risque de vous renverser. Les jambes des femmes et le taxi sont autant d’éléments que vous voyez, analysez et identifiez par fragments. Cela se passe très rapidement et simultanément ».

Clémentine Gaspard, octobre 2016

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