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Takashi Murakami à Versailles

Après Jeff Koons, c’est l’esthétique manga qui envahit le château de Versailles. Pour ou contre ?

Takashi Murakami - Photo  : Kenji Yagi

Né en 1962, Takashi Murakami revendique un art japonais original, qui se démarque de l’influence occidentale. A partir des codes de l’imagerie manga, il met en scène des personnages fantasmagoriques : champignons, fleurs, personnages globuleux avec des yeux dessinés partout. Mais les figures ostensiblement tirées des mangas ne sont pas que mignonnes : les champignons sont aussi là pour rappeler ceux des explosions atomiques, un personnage glouton, The simple things, questionne les appétits de consommation, etc. La provocation n’est pas absente non plus : My Lonesome Cowboy  (1998) représente un personnage de manga nu dont le jet de sperme forme un lasso… ce qui n’a pas empêché l’œuvre d’être exposée à Venise par François Pinault ! Que les âmes sensibles se rassurent, My lonesome cowboy n’est pas exposé au château de  Versailles.
Couleurs acryliques, matériaux modernes et peu nobles, l’esthétique de Takashi Murakami le rapproche du pop art. Et tel  un Andy Warhol japonais, il a lui aussi une « Factory », un atelier de production qui répète et décline ses créations sur tous les supports. Murakami lui-aussi conjugue recherche du succès  et critique sociétale, sans que l’on sache trop en démêler les proportions.

Takashi Murakami à Versailles
Après Jeff Koons en 2008 et le français Xavier Veilhan en 2009, Jean-Jacques Aillagon, président du musée et domaine de Versailles, a invité Takashi Murakami à exposer sur place. L’ex-ministre de la culture entend  ainsi « réveiller » ce lieu de culture et de pouvoir  qu’est le château de Versailles.Célébrissime au Japon, Takashi Murakami l’est devenu ici aussi, à preuve la foule de journalistes qui se pressait au château de Versailles jeudi 9 septembre pour découvrir les installations du maître.
Couleurs acidulées sur fond de pourpre et or, fibre de verre vernie et luisante vs marbres et tapisseries de velours, le contraste est saisissant entre les œuvres et le lieu. Certaines fonctionnent mieux que d’autres : les sculptures monumentales comme Tongari Kun ou Flower Matango s’approprient à merveille l’espace de la terrasse ou des grands salons qu’elles occupent, pour rivaliser de puissance avec la somptuosité du décor. Nous avons moins apprécié les petites œuvres qui paraissent parfois perdues dans les chambres et antichambres royaux. Dans tous les cas, un excellent prétexte pour  revisiter le château de Versailles et profiter de cette confrontation artistique, jusqu‘au 12 décembre 2010.

Paul Schmitt, septembre 2010

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