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Andrée Putman

La « grande dame du design français » a su conjuguer originalité, simplicité et sophistication.

Andrée Putman, 1992, photo Jean-Baptiste Huynh

Pour beaucoup à travers le monde, elle est tout simplement le symbole du bon goût à la française. Architecte et designer de métier, elle a aussi été pianiste émérite dans sa jeunesse, rédactrice pour des revues d’art et a tenu salon pour des artistes dans les années 50-60.
AndrĂ©e Putman, nĂ©e Aynard Ă  Paris en 1925, grandit dans une famille artiste et  bourgeoise Ă  la fois : son père est banquier, sa mère pianiste. Elle-mĂŞme dĂ©crochera un prix au conservatoire avant de sacrifier la musique Ă  son goĂ»t de la peinture et de l’architecture. Et dès son adolescence, elle sait s’affirmer face Ă  son milieu : « Depuis l’enfance, mon besoin de libertĂ© et ma capacitĂ© Ă  dire « non » Ă©taient les principaux traits de mon caractère. Ainsi, quand j’ai eu 15 ans, j’ai dĂ©cidĂ© de vider ma chambre de tous les objets que je trouvais trop marquĂ©s de signes du passĂ©, de signes du statut social et de l’arrogance d’un milieu qui m’étouffait. Moi, je voulais un lit en fer, une chaise contemporaine et une affiche de la galerie qui exposait Miro. Avec ce vide, vide de ma chambre, j’ai rejetĂ© les diktats du bon goĂ»t, de l’élitisme et de la bourgeoisie Ă©clairĂ©e. »

L’ambassadrice du style
Epouse de l’éditeur et critique d’art  Jacques Putman, elle frĂ©quente nombre d’artistes comme l’écrivain Samuel Beckett, l’artiste plasticienne Nikki de Saint Phalle ou le peintre Bram Van Velde, et va progressivement rĂ©vĂ©ler son propre talent.
En 1968, elle rejoint l’agence Mafia fondée par Denise Fayolle et Maïmé Arnodin, qui donne le ton en matière de création visuelle et de communication. Le trio lance « le style Prisu » : des meubles de designers, en plastique ou en couleur, vendus sur catalogue. Grâce à elle et à son mari Jacques Putman, éditeur d’art, Prisunic propose également une collection de lithographies signées d’artistes connus pour la somme modique de 100 F (15 euros), à raison d’une par mois. «Le beau au prix du laid», selon la devise de Denise Fayolle.
En 1978, Andrée Putman s’engage, à 53 ans, dans une véritable carrière en son nom. Avec l’agence Ecart, qui se lit « trace » à l’envers, elle édite des meubles, des sièges et des luminaires d’architectes et de créateurs des années 1920 et 1930. Ecart redécouvre en particulier Eileen Gray, Irlandaise installée à Paris dès les années 1920, amie de Le Corbusier, alors âgée, recluse et oubliée : Andrée Putman fait fabriquer la chaise transat en cuir et bois, de 1927, et le miroir Satellite. Elle participe à l’effervescence mondaine et créative des années 80, multiplie les aller-retours entre Paris et New York.
En 1984, son redesign de l’hĂ´tel Morgans Ă  New York la rend mondialement cĂ©lèbre et impose le damier blanc et noir comme sa marque de fabrique. En privilĂ©giant des matĂ©riaux bon marchĂ© comme le grès, elle rĂ©alise lĂ  un dĂ©cor total, Ă  la fois simple et sophistiquĂ©, qui fera Ă©cole. Elle amĂ©nagera par la suite plusieurs autres hĂ´tels, dont le Pershing Hall près des Champs ElysĂ©es Ă  Paris (cĂ©lèbre pour son mur de verdure) et en 2007 Ă  Hong Kong un hĂ´tel de trente et unes suites qui porte son nom : « The Putman ». AndrĂ©e Putman apporte sa touche de distinction et d’harmonie dans les espaces les plus variĂ©s par la soustraction des dĂ©tails inutiles : magasins (Guerlain, Azzedine AlaĂŻa), bureaux et sièges sociaux (Arte Ă  paris, Total Ă  la DĂ©fense) et  aussi rĂ©sidences privĂ©es (Jean-Paul Goude, Karl Lagerfeld et mĂŞme BHL pour sa maison Ă  Tanger au Maroc).
Elle édite également ses propres créations mobilières, que ce soit le bureau du ministre de la culture Jack Lang en 1985, ou sous sa propre griffe, Préparation meublée, à partir de 2003.Et en 2008, elle signe le piano demi-queue Voie lactée, créé pour Pleyel avec Stephen Paulello, et orné d’une constellation à l’intérieur du couvercle.

Piano Voie lactée d'Andrée Putman

Rester Ă  la pointe de l’élĂ©gance, sans tomber dans le luxe  voyant ou la mode Ă©phĂ©mère, tĂ©moigne de sa capacitĂ© rare Ă  gĂ©rer les contraires : « J’aime les oppositions entre le simple et le prĂ©cieux. Je suis toujours attirĂ©e par l’insolite. Au fond j’ai toujours cherchĂ© Ă  rĂ©concilier les matĂ©riaux pauvres et riches. C’est une idĂ©e anti-ghetto et anticonformiste sur l’amĂ©nagement de l’espace, sur la lumière et sur l’élĂ©gance dans le dĂ©tail ; parfois l’humour s’y glisse. »

Ă€ l’HĂ´tel de Ville de Paris jusqu’au 26 fĂ©vrier 2011 , l’exposition est prĂ©sentĂ©e dans un espace dĂ©pouillĂ©, en rĂ©fĂ©rence au travail d’AndrĂ©e Putman, et Ă©voque sa jeunesse,  sa formation musicale et les annĂ©es passĂ©es Ă  dĂ©finir un style, fondĂ© sur les classiques de la modernitĂ© et Ă  la recherche de l’intemporel.

Clémentine Gaspard, décembre 2010

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