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Design contre Design

deux siècles de créations

Du fait main à la série industrielle, de l’objet poli et soigné au recyclage des matériaux, le  design se retourne sur son histoire aux Galeries Nationales du Grand Palais. Melting-pot de styles, de formes et de techniques, l’exposition Design contre Design s’amuse des cousinages hypothétiques entre le mobilier d’antan et celui issu d’une génération prolifique de designers.

 
Le terme de « design » étant employé de façon récurrente et attribué à tout objet qui dénote une certaine recherche ou une forme atypique, le commissaire d’exposition Jean-Louis Gaillemin a décidé de replacer le dit mot dans son contexte en proposant une exposition rassemblant plus de 200 pièces, du XVIIème à aujourd’hui, du mobilier aux objets les plus insolites. Dans un espace de plus de 1000 m², Design contre design orchestre une danse des tendances et des matériaux, afin de réaliser une confrontation des époques qui s’avère riche en correspondances.
 

Zoomorphe et anthropomorphe

Si chacun possède sa propre définition du design de mobilier et de ses usages, les propositions demeurent multiples et infinies. Ciblées sur la forme, les réalisations de la première salle font naître des basculements de préhension. Ainsi le Fauteuil et le pouf UP5 / UP6, dit « La Donna » (1969) de Gaetano Pesce rappelle par sa couleur passionnée et ses ondulations opulentes, les courbes du corps féminin. Fesses, cuisses et seins s’épanouissent et guettent celui qui s’y lovera. A l’inverse, le siège homme de Ruth Francken (1971) reprend  directement et de façon ultra réaliste, les caractéristiques du corps masculin. L’assise est plus franche, le matériau rigide. Sorte d’accompagnateur postural, la silhouette noire semble surveillée nos faits et gestes. Les stéréotypes ne se poursuivent pas nécessairement dans cette exposition, qui s’applique à statufier animaux et végétaux. Des autruches sont ainsi réquisitionnées (Console aux autruches, 1970 et Bar \, 1968 de François-Xavier Lalanne) pour (su)porter un œuf. Plus loin, c’est un chat hybride qui s’affiche ventre béant, prêt à recevoir bouteilles et glaçons.


Design détoné, dessein recyclé

Peut-on tout faire en design ? Remy Tejo semble détenir la réponse en proposant une accumulation de tiroirs, reliés et soutenus par une sangle, (Commode,Chest of Drawers, 1991). Moins outrageant aux règles ancestrales que provocateur ludique, il démontre que l’idée d’un design au schéma anticonformiste peut s’avérer fonctionnel, tout en considérant la surconsommation. Le pied de nez à la forme parfaite et aux textures nobles continue, à la vue du luminaire Tide Chandelier, de Stuart Haygarth (1996) et de la chaise Hairy de Charles Kaisin (2005). Créés à partir d’objets ramassés sur les plages et de papier tout droit sorti de la broyeuse, ces objets viennent à l’encontre de la notion d’un design contingenté aux contraintes d’esthétisme et de finition chiadés.

Robert Stadler calme le jeu du tout ou rien à travers son canapé furibond Pools & Pouf! (2004). Eclaboussant l’espace comme une giclée de peinture noire, le canapé de cuir capitonné conjugue noblesse de la matière et élégance, en gardant à l’esprit l’idée même de confort (repose pieds, poufs au ras du sol) et de détente, en contre écho aux postures guindées originellement attendues.
 

La passion de la démesure

Inconditionnels des dernières tendances et réfractaires, tous pourront se retrouver ou consacrer l’objet de leurs critères, puisque la visite a été judicieusement scénographiée par Hubert Le Gall qui a pris soin de thématiser chaque salle des Galeries Nationales. Ces dernières étant balisées de trois pièces monumentales par conséquent incontournables. Un banc aux allures de vaisseau spatial, Iceberg de Zaha Hadid, nous rappelle au monde de la glace, une impétueuse chambre-utérus, digne de La Figure Hon de N. de St Phalle, nous invite à la paresse infantile. Enfin, Verner Panton délaisse un instant ses fameuses chaises, pour nous plonger dans un environnement psychédélique avec son Fantasy Lanscape, sorte de ventre de baleine en mousse polyuréthane multicolore.

Alliant humour, fonctionnalité et expérimentation, cette exposition réussi son pari, celui de briser l’idée même de la tradition du design, pour laisser germer les concepts et pourquoi pas, les prochaines utopies mobilières.

 

Agathe Hoffmann – Septembre 2007


Design contre design, Galeries Nationales du Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower, Paris 8ème.
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 20h et les mercredis et vendredis de 10h à 22h.
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