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catherine Zask graphiste : porfolio commenté par l'artiste: Catherine Zask

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Catherine Zask

Le charme de l'exigence et la force du talent

Dossier réalisé par Thierry Le Boité.

Mode d'emploi du portfolio : cliquez sur les vignettes pour agrandir les images et accéder aux commentaires de la graphiste Catherine Zask.

 

D'ici là, découvrez son abécédaire essentiel :

Affiche (efficacité)
"Pris isolément, aucun objet graphique n'est efficace. Si vous créez pour une entreprise une remarquable identité visuelle, mais que le standardiste répond grossièrement au téléphone, c'est l'image tout entière qui en pâtit. L'affiche est simplement une présence dans la ville. Elle doit lutter contre la multitude des signes urbains, et en premier lieu contre les panneaux publicitaires. Si elle est visible, ce qui en soi est une prouesse, elle peut déclencher du désir. À chacun, alors, (théâtre, musée, institution) d'y répondre par des propositions de qualité."

Anciens travaux
"Dans certains travaux anciens, je distingue nettement les prémisses de ce à quoi j'ai pu donner un nom plus tard (des éléments qui sont devenus des constantes) et qui ne m'apparaissaient pas du tout. C'est une grande satisfaction, de constater que tout s'enclenche. C'est la marque d'une cohérence, mais qui n'apparaît que petit à petit, avec les années. Rassurant, et jubilatoire."

Atelier
"Je travaille dans un grand atelier calme et ensoleillé. Porte ouverte. Tout autour, il y a d'autres ateliers. Graphistes, plasticiens, photographes, designers… Tout le monde travaille ferme, mais pas crispé. On dirait un gros paquebot bien rodé. J'aime beaucoup cette atmosphère qui autorise autant l'autonomie, le travail acharné, que les apéritifs à rallonges. Il est arrivé que de jeunes graphistes viennent travailler avec moi. C'était très bien."

Autre métier
"Je ne parviens pas à imaginer qu'un autre métier aurait pu accueillir avec autant de bienveillance mon amour immodéré des mots et des lettres, ma tendance naturelle à valoriser la demande d'autrui plutôt que la mienne propre, ma maniaquerie aggravée de perfectionnisme. Non, décidément, il fallait que je sois graphiste."

Clients
"J'ai peu de clients et dans la plupart des cas nos aventures durent des années. Ce que ça suppose ? La réciprocité. L'estime mutuelle, le dialogue, le plaisir, la confiance. Ce qui ne veut pas dire que tout est rose et qu'on se comprend à demi-mot ! Les tensions, engueulades et rages rentrées (ou sorties) font partie du paysage. Mais si de part et d'autre, le désir de continuer est le plus fort, eh bien, ça dure ! Ce qui détermine la durée, c'est que j'ai affaire à des personnes (pas à des organismes). Des personnes qui sont en mesure de prendre les décisions, ou qui ont le pouvoir de convaincre les décisionnaires (très important). J'apprends de chacun, et je ne bâcle rien. Mon exigence agace parfois, mon mauvais caractère aussi, mais j'aime mes clients, qui doivent le sentir, et qui me le rendent bien. Ce sont des partenaires."

Commandes
"La plupart de mes commandes se situent dans le domaine de la communication institutionnelle et culturelle. Je ne verrais aucun inconvénient à élargir mon champ d'activités à l'industrie, au commerce, à l'économie mais je n'ai malheureusement jamais rencontré d'interlocuteur possible dans ces domaines."

Commentaires
"En phase d'élaboration, je ne recherche pas les commentaires. Je montre rarement les projets en cours, et si je le fais, c'est plutôt à des amis, pas forcément graphistes. À ce stade, il faut être vigilant, faire le tri entre les commentaires qui sont une projection de celui qui s'exprime, et ceux qui sont constructifs : le dialogue devient alors un outil pour consolider des pistes, valider des intuitions. Lors de la présentation d'un projet au client, les commentaires reçus sont essentiels. C'est en s'exprimant sur le projet que les clients se l'approprient. En même temps, leurs commentaires me permettent de mieux connaître les besoins de l'institution qu'ils représentent, et donc éventuellement d'améliorer la réponse que je leur apporte, ou celle que je leur apporterai dans l'avenir de notre collaboration. Lorsque les documents sont imprimés, je suis avide de commentaires. Ceux de mes clients en particulier. S'ils ne viennent pas, je les réclame. Je veux savoir comment tel document a été accueilli, par qui, pourquoi. C'est une sorte de mise à l'épreuve : comment se sentent-ils dans les habits que je leur ai confectionnés sur mesure ? Quels commentaires en reçoivent-ils eux-mêmes ?"

Echanges
"Un jour, à Lausanne, Werner Jeker m'a fait déguster un inoubliable risotto aux truffes (blanches). Je l'appelle le gourmesthète au grand cœur. C'est une bonne base pour de fructueux échanges internationaux."

Formation des graphistes
"Comment devraient être formés les graphistes ? Outre la formation indispensable en dessin, observation, typographie, essentiellement : - en les frottant à tous les champs de la création ; - en favorisant les rencontres avec des étudiants d'autres domaines (économie, administration, commerce, sciences) qui plus tard seront leurs interlocuteurs. On atteindrait ainsi un double objectif : familiariser les futurs graphistes avec les domaines qu'ils seront chargés de rendre lisibles ; sensibiliser les autres étudiants à l'utilité d'intégrer le graphisme dans le cadre de leur activité professionnelle ; - en développant chez chacun la confiance en ce qu'il a d'unique, et par quoi il peut réellement inventer."

Graphiste
"Dans la plupart des cas, le graphiste est le point de passage (intermédiaire, interprète) entre un émetteur (qui lui adresse une demande plus ou moins précise) et un destinataire (par exemple un public, un usager). Son travail consiste principalement à donner une existence visuelle à des idées. Ce qui ne signifie pas forcément que les idées préexistent à la forme visuelle. Parfois, c'est la trouvaille visuelle, née de l'intuition, qui vient d'abord. L'étape suivante, qui consiste à valider ses intuitions, est essentielle : formuler, expliciter, exprimer. Les mots éprouvent l'image, et la valident, ou non. Mais quoi qu'il en soit, lorsqu'un graphiste crée du visuel dans le cadre d'une commande, c'est toujours pour communiquer, rendre visible, lisible, désirable : transmettre du sens. Il peut aussi être son propre émetteur. La nature de son travail s'apparente alors à celle d'un artiste."

Internet
"Construire un site fait dorénavant partie des développements naturels d'une identité visuelle. Je ne maîtrise pas ce média, mais j'ai des idées, et des désirs. Dont celui de travailler en collaboration avec de jeunes graphistes compétents et inventifs."

Médias préférés
"Je les aime tous. Sans a priori. Dans le cadre des commandes, je suis plus à l'aise avec l'édition papier. Mais j'ai des projets en volume, le son m'intéresse, je ne déteste pas l'écriture, ni la cuisine, d'ailleurs."

Méthode
"Il n'y a pas une méthode, un système, un procédé. La seule constante, c'est que j'ai affaire à des gens : la relation induit la méthode."

Modes
"Je n'échappe ni à l'influence des personnes que j'admire, ni à celle de mon époque. Parfois, j'ai le sentiment d'avoir inventé, pour un projet, un moyen d'expression très particulier, que je retrouve ensuite dans des réalisations étrangères. Est-ce que je le remarque alors parce que j'y suis sensibilisée ? Est-ce que j'ai vu quelque chose dont l'intérêt ne m'avait pas frappée, et qui ensuite m'aurait influencée ? Est-ce que la publication de mon projet en a influencé d'autres ? Difficile à déterminer ! D'autant que, parfois, la conscience d'avoir été influencée arrive tardivement. Pour la Scam, par exemple, j'avais imaginé en 1996 une série d'affiches-manifestes-invitations, où j'utilise la typographie Block en créant des frictions entre les lettres. Il a fallu une question fortuite, bien plus tard, pour que je me rende compte que j'avais passé un an à travailler avec la typographie fétiche de Roman Cieslewicz, mon professeur à l'Esag, qui était mort cette année-là. Mais les modes graphiques que je détecte ne m'attirent pas. Si un très beau caractère typographique est à la mode, je renonce à l'utiliser."

Ordinateur
"L'ordinateur m'a apporté du calme, de l'autonomie… et des courbatures. Pas d'idées, directement, mais l'accès direct à la structure des mots, ma matière première. Ce sont toujours les mots qui pour moi font image. C'est lire, dire, écrire, décortiquer, frotter les mots les uns aux autres, frictionner les lettres qui provoque la création visuelle. Qu'est-ce qui se passerait si ce A se jetait sur ce B ? Hop ! c'est fait ! Chevauchement ? Rencontre ? Superposition ? C'est fait dans le même temps que c'est pensé. La fantastique réactivité de l'ordinateur met sous mes yeux l'étape visuelle qui produit une autre idée, ouvre une autre piste."

Politique
"Paquet de céréales, affiche pour un syndicat, timbre-poste, signalétique de musée, formulaire des impôts, horaires de trains, plan de métro, guide, catalogue, programme, dépliant… Quoi n'est pas politique?"

Responsabilité sociale
"Un graphiste qui produit de l'illisible, du laid ou du vulgaire, c'est comme un conducteur qui vide son cendrier sur la chaussée. Polluant."

Rôle
"Mon rôle est parfois tout simple : rendre lisible une institution (théâtre, musée, université). Autrement dit : donner à chacun les moyens d'entrer dans une institution en l'ayant comprise. Ce qui suppose, outre l'élaboration d'une identité visuelle spécifique, un travail sur les contenus, sur l'organisation des informations, une manière de s'adresser aux destinataires qui induit le respect d'autrui. En France, souvent, les institutions montrent leur pouvoir, et pas des égards. Involontairement, par habitude ou par négligence, les discours sont truffés de références incompréhensibles pour le non-initié, à qui pourtant on s'adresse. Mon rôle, c'est aussi de faire la chasse au langage qui exclut pour installer celui qui accueille. C'est la partie invisible ou non spectaculaire de mon travail, qui suppose la confiance et la complicité avec mes commanditaires, et qui permet l'élaboration de documents plus généreux. Faire clair, donc, c'est essentiel, et c'est la condition pour faire beau. Et faire beau, c'est créer du sens, enrichir le message autant que le destinataire. L'exigence qui a présidé à chaque étape de l'élaboration d'un document est le révélateur des égards qu'une institution a pour ses destinataires. Et produire des documents exigeants, c'est aussi éduquer le regard.

Télévision
"Je n'ai pas la télévision."

Vocation
"J'aimais les formulaires. L'exactitude. Je voulais dessiner. C'était vague. J'ai vu des choses faites de matière typographique. Ça a rempli très exactement une forme en creux qui n'attendait que ça pour que tout prenne sens. J'ai plongé. Des années passées à ne faire que ça. Depuis, la forme s'étend ; Et le sens que prend ce tout est de moins en moins clair."

                                                                                                                       



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