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Echirolles 2006

Place aux Femmes !

Le Mois du Graphisme d’Échirolles poursuit ses explorations et nous convie cette année encore un voyage international au sein du graphisme sous toutes ses formes à travers une série d’expositions découvertes ou rétrospectives.

Et de 16 ! Le Mois du Graphisme d’Échirolles a inauguré sa seizième édition le week-end du 18 novembre. Quelques graphistes professionnels, de très nombreux étudiants mais surtout le grand public grenoblois ont pu découvrir en deux jours marathon, les neuf expositions présentées par l’équipe des Affaires Culturelles de la ville : son directeur, Diego Zaccaria, et Geneviève Alonso.

Place aux femmes !

Ce Mois est placé sous le signe de la féminité. Un fil rouge plutôt qu’une véritable ligne éditoriale, même si la question de la place des femmes dans la profession fut évoquée, sinon débattue, sans grande révélation : "Elles sont omniprésentes comme étudiantes dans les écoles d’art de Communication Visuelle et pourtant peu nombreuses professionnellement, et surtout peu connues sinon reconnues". Un manque en partie réparé puisque c’est à Anette Lenz qu’a été confiée l’affiche de cette édition, une porte ouverte qui invite au voyage.
Après un panorama de la french touch proposé par Alain Le Quernec à travers l’exposition 100 affiches françaises contemporaines, qui semble avoir réussi à rendre compte de cette unicité hexagonale en présentant 19 auteurs, c’est la production d’Anette Lenz qui a ouvert le bal du samedi inaugural. Le nouvel Hôtel de Ville d’Échirolles accueillait une large sélection d’affiches de la graphiste allemande qui travaille en France depuis 1990. La configuration du lieu, qui ne se prête pas vraiment à une exposition d’affiches, n’a pas empêchée les visiteurs de découvrir dans son ensemble les productions pour le Théâtre de Rungis initiée en 2000, la série d’affiches réalisée pour les concerts de Radio France en 2001 ou encore le fruit de sa collaboration avec Vincent Perrottet pour le Théâtre d’Angoulême.
Avec Michel Bouvet - commissaire entre autres – de l'exposition Graphistes Autour du Monde présentée à Échirolles en 2000, le voyage est toujours d’actualité. Ses 9 femmes graphistes issues d’Amérique du Nord et du Sud, d’Europe, du Proche-Orient et du Japon, nous livrent un regard et une visibilité sur la production féminine et Michel Bouvet leur donne la parole à travers une remarquable scénographie. Les découvertes sont nombreuses, comme la production de Marta Granados, graphiste colombienne, dont les affiches en tons directs accrochent le regard ; ou encore les jeux de couleurs flamboyants et les typographies cernées des affiches engagées de la graphiste péuvienne Natalia Iguiniz Boggio de Lima (Pérou), pour la première fois présentées en dehors de son pays. Les visiteurs ont aussi été marqués par le travail autour de la lettre de Clotilde Olyff, graphiste belge, électron libre décalé, avec qui le caractère prend souvent forme en volume. Une typographe assez rigoureuse qui aura mis 14 ans pour finaliser l’« alphabet galet moyen », commencé en 1990, entièrement constitué de galets patiemment ramassés sur les bords des rivières et des océans.

Hommage

Dans un autre registre, ce mois fut aussi placé sous le signe de l’hommage à Morteza Momayez, père du graphisme iranien moderne depuis les années 70, fondateur de la revue Neshan, venu faire découvrir la production du pays à la tête d’une délégation en 2002 à Échirolles, décédé en 2005. Plus de 40 témoignages internationaux de professionnels et surtout d’amis faisaient écho à sa production. Des affiches parfois émouvantes, souvent pudiques.

D’autres secteurs

Mais le Mois du Graphisme présente d’autres champs du graphisme, avec une place dédiée à l’identité visuelle et aux chartes graphiques qui ont fait la réputation du Studio Dumbar, fondé en 1976 par Gert Dumbar, aujourd’hui dirigé par Michel de Boer. The Dutch Touch offre au public de découvrir cette culture graphique hollandaise dont le passé et la pratique de la profession "permet" aux graphistes et aux moyennes structures de signer l’identité visuelle des PTT ou de la police hollandaise, tout en se distinguant aussi dans le champ d’affiches culturelles, d'imaginer des timbres-poste ou des habillages télévisuels la même année. L’exposition offre également un regard sur le fonctionnement de ce studio, "un endroit où de jeunes graphistes d’horizon très divers viennent suivre une formation professionnelle mais qui ne font que passer, sans l’idée de faire carrière", pour paraphraser Alain Le Quernec

Encore des découvertes

Quant à l’exposition de Justin Grégoire (1917-1991) proposée par Anita Gallego et François Weil, ce fut pour beaucoup une révélation : ce génie du papier découpé laisse derrière lui une colossale production de portraits, d’animaux, de scènes quotidiennes, terriblement efficaces, en noir et blanc et pourtant si vivants. On s’attend presque à les voir animés!

Bilan :

Le Mois du Graphisme poursuit sa volonté de déchiffrer l’image et le signe et rend compte de la place du Graphisme dans la société, dans la vie de tous les jours. Si le graphisme international était encore à l’honneur cette année, la petite exposition Affiches d’Ici tient aussi à présenter les affiches grenobloises, produites par des graphistes de province, comme pour affirmer une fois de plus l’enracinement social de la manifestation et la place légitime qu’occupe le Mois dans les échanges autour de l’image. Mission réussie.

Guillaume Frauly - 11/2006

Jusqu'au 20 janvier 2007.
Mois du Graphisme d’Échirolles, Echirolles (38).
                                                                                                                 



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