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Le Libé nouveau avec Javier Errea et JB Levée

Une proposition éditoriale et graphique radicalement différente.

C’est en tout cas la volonté de la rédaction et de Javier Errea, concepteur de cette nouvelle formule sur le plan graphique. Le DA espagnol, journaliste de formation, avait déjà travaillé sur la précédente mouture de Libération sortie en 2009 et signe avec son studio Errea Comunicacion un « retour aux  origines » de Libération fondé en 1973 par Serge July avec Jean-Paul Sartre.

Plus agressif visuellement, ce nouveau Libé sorti le 1er juin 2015 s’appuie sur une iconographie ironique, une domination absolue des couleurs rouge et noir, et un recours appuyé aux ombres portées et filets épais.

Lancement de la nouvelle formule de Libé sur un dos de kiosque parisien

Javier Errea a aussi fait appel au typographe français Jean-Baptiste Levée et son équipe (Yoann Minet notamment) pour le design de deux polices exclusives pour Libé.

Caractère tantôt arrondi, tantôt large, anguleux ou allongé, la Libé Sans répond aux spécificités complexes du nouveau quotidien. Caractère au design compact et aux bas de casses colossales, Libé Sans a été conçu comme un caractère de titrage pour fonctionner parfaitement pour des grands corps où l'espace horizontal est rare, forçant ainsi les lettres à occuper toute la place. Cette large palette d’expressions est rendue possible avec 96 variétés de graisses et de chasses.

Libé Sans dispose ainsi de trois différents styles étroits (SemiCondensed, Condensed et ExtraCondensed) et de seulement une version normale et une version étendue.  Les proportions verticales restent identiques dans tous les styles de sorte à ce qu'ils puissent être mélangés sur une même ligne. Les ascendantes et descendantes, très courtes, sont spécifiquement destinées aux faibles interlignes, créant une densité et un rythme au journal. Inspiré de l’Antique Presse, un caractère créé en 1964-1965, Libé Sans puise également ses influences dans les caractères européens caractéristiques des années 1960 et 1970 tels que le Brasilia, l’Eurostile ou l’Antique Olive, précise Jean-Baptiste Levée.

La Libé Typewriter a ses lettres espacées proportionnellement (et non par intervalle fixe) et son système de soulignage est automatisé pour éviter la surimpression avec les lettres descendantes. Elle est inspirée de la CGP, un police déssinée pour le Centre Georges Pompidou par Adrian Frutiger en 1974.

Ce nouveau Libé utilise aussi les polices Tiempos de Kris Sowersby pour le texte, Produkt de Christian Schwartz pour les textes complémentaires, ainsi que Graphique Pro et Windsor pour la signalisation  et des clins d’œil nostalgiques. Windsor est en effet la police dans laquelle le logo originel de Libé avait été dessiné en 1972.

Le logo de Libé dans les années 70 basé sur la police Windsor

Au-delà de son identité graphique, Libé s’adapte aux nouvelles habitudes de lecture en supprimant les rubriques sauf la rubrique « Rebonds » rebaptisée « Idées ». Libé veut être un journal qu’on lit à tête reposée, avec des sujets longs rythmés en doubles pages. Seule exception : la nouvelle rubrique « Expresso » avec ses brèves d’actualité sur 4 pages.

L’édition de fin de semaine est gratifiée d’une seconde partie « WeekEnd » reprenant les contenus culturels (Livres, musique, voyages, etc.), soulignés de couleurs primaires pour une « esthétique pop différenciante» (dixit Javier Errea). Le magazine mensuel Next a lui aussi été rénové, et le site web et l’appli mobile suivront plus tard cette année.

Libé était déjà le journal français le plus graphique, le voilà qui creuse l’écart avec le reste du marché !

Clémentine Gaspard, juin 2015

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