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Lola Duval

Une graphiste au fil de l'eau

C’est au fond d’un petit passage parisien, rue d’Avron, au vert et sur la terre ferme que j’ai rencontré la jeune graphiste française Lola Duval. Graphiste reconnue, pour certains elle est toujours identifiée à l’équipe du Batofar, qu’elle a pourtant quitté il y a quatre ans et qui ne fut qu'une de ses nombreuses collaborations. De l’eau est passée sous les ponts !

"J’aime raconter des histoires" : à eux seuls, ces quelques mots résument l’approche de Lola Duval, jeune graphiste de 32 ans qui ne revendique pas d’autre métier que celui de graphiste ! "Je n’ai pas de sentiment d’appartenance à une famille, ni de terrains d’expression prédéfinis, et d’ailleurs, je préfère travailler sur un sujet que je ne connais pas…". Dans son appartement au milieu de la verdure, au calme, Lola Duval avance au gré des rencontres, se laisse voguer au fil des courants, de clients en clients. "Je suis à l’écoute… au service du client… Je ne revendique rien, préfèrant le terme de graphiste à celui d’auteur… qui, je crois ne vient qu’avec le temps, ce sont nos manques qui font notre style." Née en 1973 à Bayeux, Lola Duval suit sa formation de graphiste avec une spécialisation typographique à l’École Estienne où elle "fait ses gammes" sous la direction de Frank Jalleau et Michel Derre, "qui [lui] ont appris à comprendre la différence entre lisibilité et visibilité à travers l’étude du dessins de caractères de labeur, c’est à dire de lecture…" Par la suite, génération oblige, elle se laisse séduire par le Master de multimédia-hypermédia à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Une fois diplômée, elle travaille un temps avec l’artiste Maurice Benayoun, et plus tard, rejoint les Éditions Textuel, avant de fonder, en 1988, son propre studio. Pour beaucoup de trentenaires, Lola Duval est liée au Batofar, lieu quasi mythique de la scène parisienne, dont elle a signé l’identité visuelle quatre années durant, "en travaillant souvent en collaboration avec des photographes ou des illustrateurs", tient-elle à préciser. De cette aventure demeurent 46 projets, flyers, affiches, journaux… exposés lors d’une rétrospective en 2004 et rassemblés dans l’ouvrage Flyers édité la même année. Pour autant, ce ne fut qu’une - belle - collaboration parmi d'autres et Lola semble tout sauf enfermée dans cet univers "branché", pour autant d'ailleurs qu’elle en fasse partie. "Je m’adapte à la commande, tantôt branchée tantôt classique, selon le public", explique-t-elle. D’emblée, elle parle de rencontres, de partage. "Je crois que tout tourne autour de la confiance. Pour ma part j’essaye toujours de rester souple car je suis au service de… sauf en termes de lisibilité où, là, je peux offrir une vraie résistance." Elle privilégie l’envie de "faire simple" à la "tendance qui est vendeuse" et avoue "prendre énormément de plaisir" depuis le début ! Rien qu’à voir ses récents travaux, toujours dans un style joyeux, coloré et onirique, on est séduit. Depuis le début ses clients viennent de tous les secteurs, qu'il s'agisse d'ARTE, du Mémorial de la Shoah, de la Cité des Sciences et de l’Industrie, du Cirque 360°, de la FNAC, de SFR ou encore de Levi’s. L’édition est aussi un support de prédilection pour Lola Duval, qui affiche de nombreuses collaborations avec les Éditions du Chêne, les Éditions du Patrimoine, Télérama ou Les Requins Marteaux qui ont édité Brazilia, un livre qu'elle a autofinancé… Et c’est pour rendre possible ce type de projets ou même ses collaborations bénévoles à des associations que Lola va "chercher l’argent où il y en a", sans scrupules mais avec quelques principes et surtout avec la conscience que "plus il y a d’argent, plus les problèmes surgissent avec le manque de respect, l’incompréhension, l’absurdité…" Même si tout n'est pas noir au pays de l'Euro-roi comme avec SFR - dont elle a signé le Rapport Annuel - ou encore Gaz de France, dont elle a conçu le magazine interne. Quant aux appels d’offres non rémunérés, la jeune graphiste avoue être "vaccinée" et préfère confier ses recherches à Creative Syndicate, la structure animée par son agent, Christophe Gaultier. Même si Lola n'oeuvre plus au service du Batofar, les travaux dans l’univers de la musique restent omniprésents dans son book : la communication visuelle de Radio Grenouille, celle du Festival de Bourges, d’Attention Talent Scène... On y trouve également une affiche pour Le Cube, ou le Festival Sous la Plage dont la dernière édition vient de s’achever. "Je suis à la recherche du territoire d’expression le plus large possible", précise-t-elle, qui revendique une création "intuitive", fruits de "rencontres avec des gens qui ont quelque chose à dire, qui me content des histoires, comme Nicolas Vannier, cet explorateur revenu du Pôle qui m’a confié la tâche de réaliser son livre. Ma récompense : l’entendre dire après avoir découvert la maquette : C’est mieux que dans mes rêves !" C’est avec cette belle avidité que Lola voit sa profession, une envie de travailler sur tous les supports, d’être partante pour "signer un packaging alimentaire, un générique de film, s’occuper de l’image d’un théâtre ou signer la maquette d’un magazine." Sa dernière collaboration : une carte blanche pour le deuxième numéro d’Amaniman, la revue de Guillaume Lebrun qui sera éditée pour le Mois de la Photo… Et pour ceux qui en doutaient encore, les seuls quais sur lesquels Lola Duval travaille aujourd'hui sont ceux investis par les artistes du projet Conteners, "réseau artistique mobile construit autour de conteneurs de marchandises EVP."

Guillaume Frauly - 09/2006

Plus d'infos sur le site Web de Lola Duval.
A découvrir également en ligne, le projet Conteners.
                                                                                                                                                           



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