Fondée par deux anciens de Gédéon, structure créatrice d'identités de chaînes qui fête cette année sa première décennie, View signe l'animation des trois lettres « P-U-B » des habillages publicitaires de TF1. C'est elle aussi qui se cachait derrière l'ancienne animation du logo de M6, imaginée en 2003.
Devenue l'un des maillons forts du paysage hertzien généraliste, confrontée directement à TF1 et France 2, la chaîne souffrait cependant d'une image encore trop juvénile et attendait beaucoup de son nouvel habillage, une nouvelle fois confié à View. « Durant les phases de recherches des jingles et logotypes, notre enjeu consistait à fidéliser davantage la cible d'origine, soit les « teenagers », tout en accueillant le nouveau public de la chaîne, plus adulte celui-là. » précise Christophe Valdejo.
Face à la multiplication des chaînes de télévision accessibles grâce à la TNT, au câble et aux offres Triple Play liées au Web, « M6 se devait d'apporter une évolution à son habillage, afin de suivre l'époque actuelle et ses codes, mais aussi pour valoriser ses programmes. L'objectif de la chaîne était également de se réintégrer dans la vie des téléspectateurs. C'est pourquoi nous avons choisi de rendre le logotype transparent, ouvert sur le monde. » continue Christophe Valdejo, qui en plus d'avoir co-fondé View en dirige la création.
En effet, si le logotype de M6 – une création du génial Etienne Robial, grand manitou de l'image du groupe Canal + qui vient d'ailleurs de rénover l'habillage de la chaîne d'info iTélé - n'a que peu changé d'apparence, il s'est cependant tourné vers des codes graphiques plus contemporains. 3D et mise en volume, effet métallisé, miroir et mouvements aériens confèrent ainsi à la chaîne une image plus mature, moins « agressive, bruyante » selon Christophe Valdejo.
Après le clin d'oeil aux séries et sitcoms décalées du précédent habillage, où le logotype d'Etienne Robial était fractionné, le « M » s'affranchissant du « 6 », View réunit à nouveau les deux signes. Immergé au coeur de mondes miniatures et reflétant le quotidien des téléspectateurs, le logotype rafraîchi – devenu un« flying logo » - de la sixième chaîne contribue à l'évolution de «l'esprit M6 », tout en rassurant les téléspectateurs par sa forme restée inchangée, toujours reconnaissable.
Une fois le projet créatif de View validé par la chaîne, trente jingles publicitaires et habillages de programmes de deux types différents ont alors vus le jour : l'un centré sur le présentateur de l'émission en cours, l'autre plus autonome et institutionnel à vocation neutre, mais toujours teinté de l'humour gentiment potache qui caractérise la chaîne.
Si 99% des programmes de M6 restent inchangés, la chaîne voit dans ce coup de frais graphique, une opportunité certaine de développement, que ce soit au niveau de son image, qu'à celui des choix des futurs programmes.
Christophe Valdejo précise d'ailleurs qu'« il est évident qu'une chaîne qui soigne son image, donnera davantage de poids à l'achat des programmes. M6 a franchi une nouvelle étape et ouvert un champ médiatique plus proche de son identité. »
Après 10 ans d'existence, le patron de View dresse un bilan positif de l'évolution de son agence. Une montée en flèche qui ne semble pas près de s'arrêter car, loin de décroître, les besoins des marques à communiquer à travers leur image et leur habillage se fait toujours plus pressant. Christophe Valdejo attribue ainsi à l'image un impact tel, qu'il la qualifie de « montante », justifiant les refontes d'identités de chaînes. « Il est devenu indispensable d'être reconnu et identifié au sein du paysage audiovisuel et cela sur la durée, sans compter le déploiement des images sur les nouveaux médias que sont les téléphones mobiles, par exemple. » explique-t-il.
Dans un monde où le visuel joue chaque jour un rôle plus prégnant, il est plus essentiel que jamais pour les marques de soigner leur image. Les supports se démultipliant, elles doivent bâtir une communication visuelle cohérente. Désormais, animation et print suivent une même ligne. Une aubaine pour les agences du calibre de View qui transforment l'image en une arme identitaire et économique redoutable.