pixelcreation.fr - amoureux de l'image

  • > Abonnez-vous à notre newsletter

Métiers graphiques et rémunérations en 2006

| Un métier, des métiers | Clients, tarifs et statuts | Evolutions et quête de sens |
François Caspar : interview|Marsha Emanuel : la vigie du graphisme|Tableau des rémunération|Adresses utiles |

Graphistes, infographistes, directeurs artistiques, illustrateurs, animateurs 3D, designers, enseignants des métiers de l'image... Nombreuses sont les professions de la communication visuelle et pourtant leurs enjeux restent les mêmes, partagés par la plupart. Ces professionnels n'en finissent plus de guetter l'intérêt d'un monde entrepreneurial français qui a bien du mal à saisir l'intérêt économique de l'intervention d'un designer ou d'un graphiste. Mais la situation évolue, plutôt en bien, même. Et pour une fois, on peut même constater chez les créatifs le début d'un frémissement d'optimisme.

Réjouissant, non ?

Du côté des salaires (voir notre tableau des rémunérations), pas de progression notable, ni de baisse dramatique à déplorer. Comme un reflet de l'économie française, le pouvoir d'achat des professions créatives n'est pas glorieux. Mais au moins l'activité est-elle de nouveau dynamique !

© François Fabrizi

Amis graphistes, illustrateurs, maquettistes, infographistes et autres professionnels de la communication visuelle, comment allez-vous ? Comment évolue la perception de vos métiers ? Comment s'exprime votre place dans la société ?
Nous avons interrogé nos lecteurs sur leurs rémunérations et passés quelques professionnels sur le grill quant à leur perception de leur profession.
Résultat ? L'ambiance est moins morose que les années passées. Pas toujours très optimistes, les créatifs de 2006 sont en tout cas franchement combatifs, prêts à faire respecter la spécificité de leurs talents, prêt à rappeler l'apport économique de leurs images. Un petit monde de la communication visuelle qui semble donc se remettre doucement du tsunami économique qui a suivi le 11-Septembre-2001, moins craintif, plus audacieux...

© Sophie Vergne-Puech

Une passion
Dans ces métiers de création, soumis ces dernières années à de fortes turbulences technologiques puis économiques - après le 11-septembre-2001 -, il aura fallu du courage et de la persévérances aux plus mûrs pour résister, aux plus jeunes pour se lancer. Et c'est là qu'on touche du doigt l'une des spécificités de ces métiers de la communication visuelle : ils sont le fruit de la passion, rarement du hasard. Et quand on interroge ces professionnels sur la perception qu'ils ont de leur métier, c'est souvent la fierté qui s'exprime, à l'image du directeur artistique franco-libanais Marc Kandalaft : "Je pense que notre métier bénéficie d'un rôle central de notre société. Notre rôle est essentiel et d'une certaine façon, il lie, connecte les gens entre eux, permet la circulation des idées. Nous aidons les gens à communiquer et à exprimer ces idées à travers la puissance du visuel." Au-delà du sentiment de "toute-puissance" parfois ressenti par nos créatifs, s'exprime également une imprégnation du quotidien par un métier légèrement chronophage et très prenant moralement. "Mon métier est mon aventure personnelle", explique Valérie Voyer graphiste du collectif Le PasQueBeau. "Je fais difficilement la différence entre mon temps de quotidien et mon temps de création commandée et mon temps d'art sans étiquette. Comme toute aventure, elle me fait vivre des difficultés, parfois des rebondissement inattendus, de vraies joies graphiques, des abîmes de métaphysique et beaucoup de rencontres."

© Marc Kandalaft
© Sergueï Tchepik

Crise de croissance
Outre sa passion, la population graphique hexagonale se distingue aussi par une forte propension à râler. Et à parfois jouer du "c'était mieux avant". Logiciels en bataille et écoles pas toujours qualitatives se trouvent au premier rang des critiques. Pour beaucoup de ces professionnels, le métier est en crise, perd peu à peu de sa valeur. "Chacun s'autoproclame graphiste ou maquettiste", déplore Sophie Vergne-Puech, graphiste indépendante en Corrèze. "Les écoles se multiplient et les  diplômés ne sont pas forcément compétents. Ils sont donc refoulés des agences de communication dans lesquelles ils essaient de se faire engager, deviennent freelance pour subsister et cassent les prix". "Le métier est dévalorisé. Tout le monde s'improvise graphiste", ajoute Sergueï Tchepik, directeur artistique parisien d'origine russe.

Des professions pas simples à définir Graphiste ? Directeur artistique ? Ou bien maquettiste ? Illustrateur ? Créa, exécutant, un peu des deux, voire même des trois à la fois ? Les professionnels de la communication visuelle ont une vraie tendance à croiser les pratiques, ce qui déroute dans un pays où l'on préfère ceux qui savent se tenir à leur petite case. Ainsi, le graphiste François Fabrizi (co-créateur du Mois du graphisme d'Echirolles) se définit, au choix, comme un "chef d'orchestre ou un architecte", rappelant ainsi la nécessaire pluralité de ses compétences et l'aspect totalement conceptuel de sa profession. Plus poétique, Valérie Voyer, du PasQueBeau, revendique une absence de spécialisation, se déclarant une professionnelle du "signe". "J'essaie de créerde l'intelligence silencieuse, dit-elle, qui passe par les yeux".

suiant >>