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Bertail, Ghost Money

Trait fluide, couleurs acidulées, mise en page percutante : Bertail revisite le genre de la BD thriller.

La  BD thriller est un genre qui marche fort, avec des sagas au succès retentissant : Largo Winch et XIII en particulier, tous deux dus à Jean van Hamme, se vendent non seulement à des centaines de milliers d’exemplaires mais ont été déclinés en film et jeux vidéo.

Nouveau venu sur cette scène, le dessinateur Bertail , en tandem avec le scénariste Smolderen, a débuté sa série Ghost Money chez Dargaud en 2008 avec La Dame de Dubaï. Bertail et Smolderen ont eu l’intelligence de repousser quelque peu les limites du genre. L’intrigue, située dans un futur proche, mais ancrée dans notre actualité internationale, est moins manichéenne et plus trouble. Et ce aussi bien pour le suivi des personnages principaux (la quête d’amour de la belle et richissime Chamza et de la narratrice Lindsey) que pour les affrontements entre « barbouzes » américains et (futurs ?) terroristes moyen-orientaux. Bertail soigne quant à lui soigne le graphisme : cadrages clairement cinématographiques, mise en page qui « casse la forme » pour mieux envahir l’espace disponible, large palette de couleurs où prédominent néanmoins des tons acidulés dans les gris, bleus, roses.

Le troisième tome de Ghost Money, Mourir à Dubaï , est paru cet été 2011. Une bonne occasion pour une exposition de dessins, mais aussi d’aquarelles de Dominique Bertail à la galerie Arludik à Paris, jusqu’au 26 novembre 2011. Nous avons profité du vernissage pour aller à la rencontre de Bertail.

Dominique Bertail devant le portrait de Chamza, héroïne de la série BD Ghost Money

Pixelcreation : La BD, cela vous est venu tout petit ou plutôt sur le tard ?
Dominique Bertail : J’ai toujours eu envie de faire de la BD. J’ai étudié aux Beaux-Arts d’Angoulême, et j’ai eu la chance de faire de mon projet de fin d’études ma première BD, L’enfer des Pelgram (1998). Mon prof Thierry Smolderen en a réalisé le scénario. Nous sommes restés amis, et nous avons conçu et concevons toujours ensemble la série des Ghost Money.

Pixelcreation : Avec un succès grandissant…
Dominique Bertail : Oui, nous vendons environ 20 000 exemplaires par album, rien à voir avec Largo Winch ou XIII, mais la série s’installe peu à peu. Il faut du temps, la narration est différente, plus « orientaliste », moins pro-américaine. Ghost Money est aussi plus proche d’un thriller à la John Le Carré que d’une BD. L’idée nous en est venue après le 11 Septembre, en « contre-réaction » à la façon dont les Américains ont réagi. Bon, j’avoue aussi aimer voyager, les pays lointains, dessiner les femmes : tout cela se retrouve dans Ghost Money.

Pixelcreation : Vous dessinez au crayon ou numériquement ?
Dominique Bertail : Au crayon, traditionnellement. Puis je scanne mes dessins et les colorise moi-même avec Photoshop.

Pixelcreation : Vos influences ?
Dominique Bertail : Moebius, quelques autres dessinateurs contemporains, mais aussi Hergé.

Pixelcreation : Comment jugez-vous alors l’adaptation de Tintin par Spielberg ?
Dominique Bertail : Graphiquement : super ! Mais je ne suis par contre pas convaincu par l’histoire. Il n’y a pas de temps mort, or le vide est important chez Hergé : il faut des moments contemplatifs. Les enjeux non plus ne sont pas clairs dans ce film. Pour quel trésor  se bat-on : les parchemins, ou autre chose ? De même dans la scène principale, la course-poursuite à travers Bagghar, j’ai du mal à voir l’enjeu.

Paul Schmitt, novembre 2011

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