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Comment débuter ?

Lillycat : premiers pas dans l’illustration

Lillycat

Rachelle Bartel - alias Lillycat - 22 ans et récemment diplômée de l'école Émile Cohl de Lyon, travaille comme illustratrice free lance dans la presse pour adolescents. Nous nous sommes intéressés à son parcours et à sa récente intégration dans le monde professionnel.

RĂ©mi Voluer

 

 

 

(Toutes les images sont soumises à un copyright ©Lillycat)

Quelle a Ă©tĂ© votre formation ?
Ma formation reste très classique. Après mon bac, j’ai intégré l’école Emile Cohl de Lyon, pour une année probatoire puis un cycle de trois ans spécialisé dans l’illustration.
Ce long apprentissage m’a permis d’acquérir une bonne maîtrise des techniques de dessin traditionnel, associée à une relative rapidité d’exécution. Néanmoins, je me suis vite rendu compte que le milieu professionnel demandait une réactivité et une productivité bien plus grandes que ce à quoi nous étions habitués ; j’ai du adapter mes habitudes de travail aux contraintes de la commande.
Vous parlez de techniques traditionnelles aprises Ă  l'Ă©cole. Et l'informatique ?

En fait, j'’ai découvert Photoshop à la sortie de l’école. C’est un outil formidable. Aujourd’hui, je l’utilise essentiellement pour coloriser mes crayonnés, voir appliquer des textures. Mais j’ai hâte d’en apprendre plus. Je vais prochainement collaborer à des projets d’animations pour le web. Il va être nécessaire de s’adapter au format vectoriel, que je ne connais pas encore; ici encore, c’est un nouvel outil, avec ses qualités et ses défauts. Chaque image demande un traitement différent et il ne faut pas être tributaire d’une seule méthode de travail.

Quelles difficultés avez-vous rencontré à vos débuts ?
A la sortie de l’école, je n’étais qu’une jeune illustratrice à la recherche d’un premier emploi. Quelques expériences passées, des travaux scolaires et personnels m’ont permis de construire un premier book.

J’ai démarché un certain nombre de D.A., rencontrés pour la plupart en septembre au salon du livre de Montreuil. Certain m’ont confié des missions à très court terme : la réalisation d’un visuel, des essais divers... C’est un des travers dans lesquels on risque de tomber à ses débuts. Il peut être très agréable de réaliser ponctuellement des petits travaux, mais il est difficile d’en vivre. Dans mon cas, c’est la rencontre des éditions Milan qui m’a permis d’établir une première vraie relation de travail avec un client. Avec déjà l’espoir, à plus long terme, que ce premier contact puisse me donner une crédibilité suffisante pour imposer mon style à d’autres clients.

La vraie difficulté, pour moi, a été de résoudre le casse-tête juridique des statuts du graphiste. Personne ne m’avait jamais fait prendre conscience de ce problème à l’école, et les grandes administrations ne semblaient pas pouvoir m’aider. Cela peut sembler un peu terre-à-terre, mais je ne savais comment je devais déclarer mon activité, ni comment la gérer d’un point de vue juridique.

Finalement, c’est la SACD (société des auteurs compositeurs dramatiques) et son département « images fixes », qui m’a renvoyée vers la Maison des artistes, à laquelle je suis aujourd’hui affiliée.
Ils ont m’ont donné un certain nombre de conseils non négligeables : par exemple, qu’il ne faut pas rédiger de notes d’honoraires, considérées comme une prestation de service, mais des notes d’auteur, avec une cession des droits d’exploitation pour une durée limitée et re-négociable après une période déterminée.
Ceci permet de réévaluer avec le temps la valeur de vos visuels, en fonction de l’exploitation qui en est faite. De même en ce qui concerne la déclaration des revenus, ... Je conseille vivement à tous ceux qui recherchent ce type d'informations de s'adresser à la SACD.

 

 

Comment voyez-vous votre travail de graphiste aujourd’hui ?
Pour moi un bon graphiste est composé à 50% de talent et à 50% de sens de la communication (voir de rhétorique !). Au départ, j’avais tendance à me surévaluer et à noyer les clients que je démarchais sous un flot d’images aux styles très divers. Cela n’est pas forcément la meilleure manière de convaincre un client : lui, il attend que vous lui serviez quelque chose qui mette en valeur sa marque, pas qui vous mette vous-même en avant. Il n’aurait rien à y gagner !


Ainsi, je cherche toujours à identifier les attentes des clients que je rencontre. Après quelques mois de collaboration avec les éditions Milan, j’ai rencontré un agent d'illustrateurs qui travaille avec eux. Son conseil allait dans ce sens : cibler mon book, voire en préparer plusieurs, autour de mes différents univers graphiques.

 

 

Et demain ?
La difficulté, si l’on sort du rôle d’exécutant et que l’on souhaite mettre une part importante de soi-même dans son travail, est d’imposer un style, une appréciation personnelle et esthétique du sujet. Mon grand problème est que je m’intéresse surtout à des thèmes plus "adultes", plus sérieux, dont le rendu est trop sombre, trop difficile pour la presse adolescente. J’aimerais trouver un support, dans la presse ou l’édition, où je pourrais les traiter à ma manière.

Je pense qu’il faut être en mesure de faire évoluer son style, accepter les critiques, se remettre en question. L’illustration demande une grande motivation !