pixelcreation.fr - amoureux de l'image

  • > Abonnez-vous à notre newsletter

Laurent Corvaisier

Peintre, illustrateur et prof

Laurent Corvaisier mène une triple activité de peintre, d'illustrateur et, depuis 1995, d'enseignant à l'École nationale supérieure des Arts décoratifs, école où il fut lui-même étudiant en illustration et gravure.

Brochure Clud Med©Laurent Corvaisier

Parcours

Laurent Corvaisier raconte : "À la sortie de l'Ensad, je me suis donné deux ans pour peindre. Parallèlement, j'ai suivi des cours de DEA à la Sorbonne en philosophie de l'art et j'ai passé les concours de l'éducation nationale". Il se retrouve professeur dans des zones "difficiles" et en parallèle, continue à peindre tout en présentant ses travaux à des éditeurs.

 

Activités

Laurent confie : " Je suis dans l'atelier à partir de 9h / 9h30, et j'y reste jusqu'à 16h ou 19h. Mais je peux aussi travailler le soir quand les enfants sont couchés, puisque l'atelier est en dessous de mon appartement. Cela peut aller jusqu'à minuit. En ce moment, depuis deux mois, je n'ai pas arrêté de travailler ! En fait je ne dis jamais non à un boulot.

Je donne aussi des cours d'illustration à l'Ensad et de sérigraphie à Corvisart, ce qui fait au total 18h de cours par semaine.
Si je suis dans une période sans commande, je peins, je prépare une expo… J'y éprouve du plaisir car c'est le seul domaine ou je contrôle les choses, où je me sens comme un poisson dans l'eau. J'ai besoin d'être seul, de travailler. Je le fais naturellement : j'aime bien faire de belles images."

 

Le Facteur Totem, écrit et illustré par Laurent Corvaisier ©Laurent Corvaisier

Illustrateur

Comment entre-t-on dans le milieu de l'édition ? "Au départ j'ai démarché des éditeurs avec mon book. La première fois, j'ai montré des carnets de voyages chez Gallimard. Un an après, un directeur de collection me rappelle. Il se souvenait de mes dessins et était en train de monter un projet de carnets de voyages chez Albin Michel. C'est comme ça que j'ai commencé à travailler. Ensuite, j'ai continué à rencontrer d'autres éditeurs et petit à petit on m'a proposé régulièrement des illustrations. Par la suite, je n'ai plus eu besoin de démarcher."

Laurent n'a pas quitté la peinture pour l'illustration, puisqu'il mène les deux activités de front, mais en devenant illustrateur, il y a gagné une plus grande diffusion de son travail : "Lorsque je peignais, qui voyait mes travaux ? Mes amis, quelques particuliers. Faire des livres a diffusé énormément mon travail, mes images. Et aujourd'hui, grâce à cela, des centres culturels m'appellent pour me demander des affiches…"

Quelles sont les rémunérations d'un illustrateur ? Pour un album de 32 pages : une avance de 1 500 à 4 000 euros sur les 2 à 3% de droits. L'avance correspond aux 5 000 premiers livres. En cas de retirage, l'illustrateur commence à toucher quelque chose en plus.

 

 

L'ordinateur

Laurent n'utilise pas l'ordinateur dans son travail, mais Klara, sa femme, également graphiste et ancienne étudiante de l'Ensad, l'utilise beaucoup. "Sur certains projets, nous travaillons ensemble, en complémentarité. Ses qualités de rigueur et de conception graphique s'ajoutent à mon imaginaire. A nous deux on peut tout faire (sourires). "

Exemple de travail à quatre mains :" Nous avons réalisé un livre à deux pour les éditions Albin Michel : j'ai fait des gravures sur lino et des peintures à l'encre de Chine, tout un ensemble de personnages, de formes et d'oiseaux. L'assemblage des images a été finalisé sur ordinateur. Nous avons tout découpé, scanné, puis, défini une gamme de couleurs à l'écran : deux couleurs en plus du noir et blanc. A chaque fois qu'on tourne une page on retrouve la couleur précédente dans un esprit totalement sérigraphique. "

Laurent Corvaisier © Thierry Le Boité Pixelcreation

Enseignant

Professeur au département d'illustration de l'Ensad (> voir aussi, à ce sujet, l'interview de Xavier Pangaud), Laurent Corvaisier se souvient de sa propre expérience d'étudiant : " Lorsque j'étais moi-même à l'Ensad, je me rappelle certains profs très distants qui, personnellement, m'ont laissé une mauvaise impression. J'en ai déduit qu'il fallait essayer d'être généreux et aimer être avec les étudiants. C'est un plaisir de les voir travailler : j'apprends beaucoup. Je ne veux pas leur imposer ma façon de voir, je n'ai pas de discours conceptuel. En fait, mon engagement est dans mon travail."

L'important pour Laurent est d'emmener chaque étudiant à trouver sa propre voie : "J'écoute beaucoup ce qu'ils me disent et je fais très attention à ce que je leur dis. Nous sommes là pour les aiguiller, les aider du point de vue technique. Pour l'illustration, qui est quelque chose d'artistique, on leur demande de développer un univers personnel. De plus, il faut qu'ils trouvent leur propre rigueur et cela reste une démarche personnelle."

Sur le plan de la technique, a-t-il quelque chose à transmettre aux futurs professionnels ? "J'aimerais qu'ils fassent attention au dessin, à la représentation. Si le dessin est faible, même s'il y a un imaginaire, cela me gêne.
Si tu possèdes une maîtrise du dessin tu peux tout faire, mais si tu es limité par le dessin, tu es limité dans les commandes. Je leur conseille de dessiner tous les jours, de tenir un carnet de croquis. Il est toujours possible de s'améliorer du point de vue technique ; l'essentiel est d'avoir un regard propre, et cela on le développe au fil du temps. Autre conseil : si tu as une démarche plastique, lorsque tu réponds à une commande pour un livre d'enfants, il ne faut pas oublier que tu travailles pour eux et prendre en compte leur regard."

 

Thierry Le Boité - 05/2003

&nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp &nbsp



XitiMise en œuvre technique : Typo3 Oblady  -  Conception Internet par Pixel Interactive