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Marie-Laure Cruschi - Cruschiform

Artiste cérébrale

En partenariat avec Adobe Creative Cloud

Elle aurait voulu devenir reporter photographe, elle est une artiste cérébrale qui impose au fil de ses illustrations une identité graphique colorée, qui se joue des formes.

Marie-Laure Cruschi répond aux projets de commande, y greffe un regard qui lui est propre, les transforme pour en faire des illustrations à la fois narratives et esthétiques. Impossible pour elle de se contenter de l’illustration : passionnée des arts appliqués, elle pense graphisme, peinture, photographie, typographie… et rêve de fonder son propre studio de création, aux confins de tous ces médiums.

Qui est Marie-Laure Cruschi ?
J’ai fait une double formation aux Arts Déco et à la fac d’art appliqué. Les deux se sont révélés être très complémentaires, l’un disposant de très beaux outils pour travailler, l’autre apportant un enseignement théorique et conceptuel très riche. Je suis ensuite entrée dans une agence de communication orientée Luxe. J’y ai acquis une méthodologie de travail avec les clients, sur la manière d’aborder et de valoriser un projet. Cela m’a surtout donné envie de créer un studio de création, avec d’autres artisans.

Aujourd’hui, je suis illustratrice indépendante. L’illustration est une zone d’expression mais pas mon territoire en général. J’ai une lecture plus transversale des arts appliqués, je suis attachée au fait de passer d’un medium à un autre. Mais aujourd’hui, on me consulte davantage pour de l’illustration que pour de la direction artistique.

Tu as débuté dans les arts appliqués avec quelles envies, quelles ambitions ?
Celle de faire des livres comme auteur. J’y tiens beaucoup, c’est un territoire d’expression personnel dans lequel je m’épanouis. J’ai signé trois livres chez Gallimard Jeunesse. J’aimerais avoir davantage de temps à y consacrer. A long terme, je voudrais aussi développer ce studio de création Cruschiform pour accueillir les collaborations de photographes, de typographes, d’artistes.

Qui sont tes clients aujourd’hui ?
J’ai des clients dans trois secteurs, l’édition avec Taschen et Gallimard, la presse avec les Inrocks, XXI, Fricote, et les agences de communication pour de l’illustration sur divers supports, affiches, publicités, magasines, rapports d’activité… Mon travail pour les Inrocks a été un bon tremplin en termes de visibilité. Je suis arrivé au bon moment, mon travail correspondait à l’air du temps. La communication est un complément précieux en termes économiques par rapport à l’édition, mais j’y suis aussi attaché pour la dynamique, les échanges avec les autres personnes. Je suis indépendant, cela me convient car j’ai besoin de cette autonomie, mais j’ai un sentiment de solitude éprouvant physiquement et moralement quand je reste trop longtemps seule dans mon atelier.

Peux-tu décrire ta façon de travailler ?
J’accorde beaucoup de temps à la documentation, elle m’aide à m’immerger dans le projet. Je construits mes « mood boards » desquels j’extrais une gamme colorée, un principe, un concept. En presse, tout va très vite, les missions sont très courtes et demandent beaucoup de réactivité. En communication, il faut suivre les process de validation. Quand le concept est validé, j’esquisse le dessin en N&B, je fais un rough en couleur en créant plutôt des masses colorées pour poser des contrastes et des ambiances. Je finalise le dessin sur Illustrator puis parfois sur Photoshop si je dois poser une texture, travailler avec les brushs. Je passe 90% de mon temps sur Illustrator. Pour les commandes, je dois suivre un cahier des charges, mais j’ai aussi besoin de faire confiance à mon intuition, de garder une fraîcheur et une spontanéité dans mon travail.

Tu conserves donc une démarche Papier classique en marge de l’ordinateur ?
En fait, je travaille directement avec ma palette graphique. J’ai eu une longue période pendant laquelle j’ai perdu le réflexe de dessiner. J’ai ressenti le besoin d’approfondir mon dessin et la palette, le numérique me permet ça plus facilement. Je peux explorer diverses pistes sans laisser de traces, aller plus loin dans mes réflexions. Avec Illustrator, je me sentais contrainte à une façon de penser/aborder mes images.. En passant à la palette graphique, je retrouve cette mécanique du dessin avant de poser les concepts et les projets.

Comment se passe ta relation avec tes clients ?

J’ai la chance d’avoir des clients qui me font confiance, qui respectent mon travail. Sur le livre Cabins de Taschen par exemple, chaque illustration est une carte blanche. C’est gratifiant et une vraie reconnaissance de mon travail. Il y a eu un tournant il y a 3 ans, un concours de circonstances sans doute. J’ai signé avec l’agence Talkie Walkie qui m’a permis de travailler avec des agences de communication importantes. Tout s’est accéléré, avec beaucoup de commandes, mais qui ont eu l’effet pervers de m’éloigner d’autres projets plus longs comme l’édition. Le plus difficile parfois à gérer ce sont les délais qui peuvent être très courts.

Peux-tu définir ton style ?
Je n’ai pas la prétention d’en avoir un. Les choses se construisent projet après projet. Je me sens plus proche des arts appliqués que spécialiste d’un domaine. Je pars de l’idée, si l’idée nécessite un style particulier, j’irai dans cette direction là en m’adaptant. Ça me fait peur d’intégrer un style bien défini. J’aspire plus à le faire évoluer, à surprendre pour renouveler le territoire graphique.

La forme et la couleur occupent malgré une place particulière dans ton travail ?
Il y a des récurrences, peut-être un style qui se définit tout seul au fur et à mesure. On est aussi amené à produire beaucoup en peu de temps, il y a forcément des choses redondantes. Les formes et les couleurs sont des points de départ pour moi. C’est venu de la typographie en fait. Quand j’étais étudiante, j’ai expérimenté la typographie modulable et j’ai eu envie de l’appliquer à l’illustration, des jongler avec des formes élémentaires, simples. Cela forme aussi une passerelle pour moi entre l’illustration et la typographie. Cela m’a amené à revoir ma manière de travailler, mon vocabulaire, mais c’est aussi parce que j’ai commencé à travailler en presse. Il fallait des choses plus narratives. Avec Cabins, j’entre dans des illustrations plus sensibles, plus détaillées, plus atmosphériques et subtiles. Je raisonne davantage en couleur qu’en trait. Les émotions, les rythmes, les intentions, je les pense en couleur. Je ne sais pas pourquoi.

Quelles sont tes influences, tes références créatives ?
Paul Cox. C’est un personnage central pour moi, je trouvais intéressant ce travail inclassable, qui n’est ni de la peinture ni du graphisme, mais tout à la fois. On m’a dit que mon travail se rapprochait de Charley Harper, je ne le connaissais pas bien à l'époque. C’est très beau, mais il n’a pas été influent pour moi. Pour l’image figurative, j’aime les impressionnistes. Pour l’approche transversale, il y a des studios actuels que je trouve intéressants comme hvass&hannibal au Danemark. Elles ont une réelle liberté d’expression, à travers le bois, la gravure, le verre, la vidéo, les pochettes CD, le design d’objet, le textile.

J’aime cette liberté de ne pas être cantonné à un médium. J’ai fait peu de projets personnels cette année, qui me permettent d’aller sur d’autres territoires. J’essaie de faire un livre par an au moins, mais cela prend davantage de temps que la communication ou la presse. J’essaie sur ces livres d’être transversale, de m’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adultes. En France, les territoires sont encore trop cloisonnés. Sur Cabins, je fais des illustrations d’ouverture, où je dois magnifier l’architecture. C’est donc esthétique, mais je suis arrivé à un paroxysme esthétique. Je ressens le besoin de revenir à des images davantage porteuses de sens, quitte à ce qu’elles soient plus froides, plus sèches. Au quotidien, les plus petits détails sont une source d’inspiration, des jeux de lumières, des contrastes de couleur, des lignes géométriques…
 
Comment te fais-tu connaître ?
Je publie mon travail sur Behance. Comme c’est très bien référencé, si les gens ne trouvent pas mon site, ils trouvent mon travail sur Behance. Je ne sais pas quel est l’impact sur les agences de communication, mais elles peuvent voir notre travail. Après, ce sont des endroits un peu vertigineux. Il y a quantité de très beaux projets, je m’y sens toute petite et un peu noyée. D’un autre côté, cela donne une sensation de popularité quand les projets sont commentés, cela nous met en lumière. Je ne suis pas à l’aise avec ça, mais c’est également un moyen de partager et de transmettre.
 
Son site web : http://www.cruschiform.com/
Son portfolio Behance : https://www.behance.net/cruschiform
Son agent : http://www.talkiewalkie.tw/

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