3 DS Max 8 : le lancement

Après l'annonce au Siggraph cet été, le lancement officiel en octobre à travers toute l'Europe. Richard Morawiec, responsable Autodesk Media pour la France, l'Allemagne et l'Autriche, revient pour nous sur les principales nouveautés du logiciel leader en 3D.

Par Paul Schmitt

 

 

Une version 7 dispo fin 2004, une v. 7.5 ce printemps et la version 8 annoncée cet été pour une disponibilité en automne ? Ce n'est pas un rythme un peu trop rapide pour le marché ?

Richard Morawiec: Il faut resituer tout cela dans le contexte d'Autodesk. Depuis deux ans, depuis Max 6 en 2003, nous avons pris et annoncé un rythme de 12 mois dans nos développements pour Max, avec une version anglaise disponible en octobre et une version française pour fin d'année. Et grâce au travail avec des utilisateurs, les « focus groups » nos équipes de développement sont capables d'apporter des améliorations significatives pour les utilisateurs à chaque version. Quant à la « release » intermédiaire 7.5, elle concernait le programme « subscription ». A travers ce programme, contre un abonnement annuel d'environ 10% du prix d'achat (ndlr: 440 € pour un prix d'achat de Max de 4250 € HT), les utilisateurs ont droit entre autres aux grandes mises à jour et à des rajouts d'éléments fonctionnels avant qu'ils ne soient incorporés à la prochaine version publique. C'est la cas de cette mouture 7.5 qui leur donnait dès ce printemps les modules « Cloth », « Shave and a haircut », Autodesk Viz pour les architectes, Mental Ray 3.4, tous modules qu'on retrouve maintenant dans Max 8.

Comment caractérises-tu cette nouvelle version ?

Richard Morawiec : J'ai pas mal d'années d'expérience chez Autodesk, et Max 8 est pour moi la meilleure version depuis très longtemps pour le nombre et l'importance des améliorations apportées. (ndlr : voir images ci-contre pour les nouveautés du produit, ainsi que le site d'Autodesk pour tous les détails). Sans revenir sur le détail de la présentation, les trois points forts de Max 8 apportent beaucoup aux utilisateurs. En animation, tous les éléments de Character Studio sont maintenant directement disponibles dans Max et applicables à toute chaine cinématique, et pas seulement aux bipèdes. Les nouveaux outils de modélisation polygonale et de mapping feront gagner du temps, particulièrement aux designers de jeux vidéo. L'outil le plus remarquable est sans conteste le « pelt mapping » qui permet de découper, d'étaler et d'étirer un modèle, comme une peau, avec des outils de relaxation pour éviter trop de distortions et des déchirures. Enfin le système de gestion de ressources est très appréciable pour les projets à plusieurs: un fichier est utilisé par un et un seul utilisateur, les autres ne pouvant y accéder qu'en lecture. Et ce système est fourni avec une base de données, Vault, qui vient de la CAO d'Autodesk, mais peut aussi être utilisé avec d'autres bases de données comme Alienbrain ou autres déjà en place chez certains studios. Et on peut encore mentionner l'export d'un fichier en format DWF visualisable avec un viewer gratuit (téléchargeable sur le site Autodesk) pour le travail collaboratif, ou encore la compatibilité import/export avec les logiciels Revit et Inventor utilisés pour les applications de visualisation (industrie et architecture).

Tous vos concurrents baissent les prix avec au moins une version en-dessous de 1000 €, alors que vous maintenez un prix inchangé à 4250 €. Combien de temps allez-vous pouvoir maintenir cette politique ?

Richard Morawiec :Notre politique est de garder le même prix pour pouvoir financer la recherche et développement, mais de rajouter beaucoup de fonctionnalités à chaque nouvelle version.Et ceux qui s'abonnent paient beaucoup moins: moins de 500 € par an leur donne droit à la nouvelle version. Même les mises à jour sont peu chères, de 900 € pour la v7 à 1750 € pour la v5. Au total, nos clients sont plutôt satisfaits, et nous ne voyons pas de raison de changer de polititique.

Autodesk vient d'annoncer le rachat d'Alias, éditeur à la fois de Maya pour la 3D "entertainment"et de Studio Tools pour le design industriel. Peux-tu commenter là-dessus?

Richard Morawiec :Désolé, mais je suis tenu à la discrétion, les informations disponibles étant par ailleurs sur le site d'Autodesk. Une telle acquisition, surtout pour une société cotée en bourse comme Autodesk, implique un parcours de plusieurs mois jusqu'à ce que toutes les formalités soient complétées. D'ici là, chacun continue à vivre sa vie de son côté et on ne fera d'annonces que quand tout cela sera définitif. Au plan personnel, je me réjouis à la perspective d'avoir les deux logiciels leader en 3D, Maya et 3 DS Max, sous le même toit, et avec les moyens R&D et marketing d'autodesk, cela devrait être un facteur de dynamisation de notre marché. Pour en juger, je vous donne rendez-vous en 2006!