
William Salazar a collaboré en tant qu’animateur superviseur à GANG DE REQUINS après avoir supervisé l’animation de plusieurs personnages centraux de films animés «traditionnels» DreamWorks, tels le Jeune Moïse (dans LE PRINCE D’ÉGYPTE), Marina (SINBAD, LA LÉGENDE DES SEPT MERS), la jument Rain (SPIRIT, L’ÉTALON DES PLAINES) et Tulio (LA ROUTE D’ELDORADO).
Originaire de Corse, Salazar a fait ses classes à Paris. Diplômé en 1980 de l’école d’animation CFT – Gobelins, il entre chez Amblimation, où il travaille successivement comme assistant animateur sur FIEVEL AU FAR WEST, comme animateur sur LES 4 DINOSAURES ET LE CIRQUE MAGIQUE et comme superviseur de l’animation sur les trois chiens comiques Nikki, Kaltag et Star de BALTO, CHIEN-LOUP, HÉROS DES NEIGES.
Pixelcreation : Quel est ton role exact dans « Over The Hedge », taille de ton équipe et du département?
William Salazar : Je suis Supervising Animator, cad chef d'une équipe d'animateurs, comme Kristof Serrand. Sur ce film, il y a eu jusqu'à 60 animateurs répartis en 5 équipes. Une équipe anime une séquence (ou partie de séquence), et plus un personnage comme en animation traditionnelle car on ne dessine plus le personnage. Avantage : c'est moins lassant, il y aplus de variété pour l'animateur. La 3D est aussi plus productive : en animation traditionnelle, la norme est de produire 5 pieds (sous-entendu « de film » -ndlr) par semaine, cad environ 4 secondes d'animation pour un personnage. En 3D, la norme est toujours 5 pieds, mais pour tous les personnages de la séquence.
Pixelcreation : Sur quelles scènes exactement as-tu travaillé?
William Salazar : J'ai commencé en préproduction par faire des tests d'animation pendant 4 mois pour déboguer les personnages, puis nous avons produit sur plusieurs années car il y a eu beaucoup de changements sur ce film. J'ai travaillé en particulier sur la scène de la poursuite du chien dans le jardin, sur l'explosion de la bonbonne, et quand les animaux rentrent dans la maison.
Pixelcreation : Quels étaient les principaux challenges artistiques dans ce film pour toi?
William Salazar : Il a fallu garder plusieurs choses en tête pour l'animation sur ce film. Bien distinguer les personnages d'abord, ils bougent tous différemment ici, contrairement à où ils bougent tous pareils pour donner ce style « snappy » propre au cartoon. Faire attention au visage et au rendu final aussi : on anime des modèles sans poils, et quand on voit les « dailies » (les images rendues pendant la nuit) le lendemain, il faut revenir sur les expressions pour les exagérer car les poils adoucissent les mouvements (sauf pour Verne la tortue évidemment). Ces personnages bougent peu comme des animaux : Verne et Riton, comme dans la BD, marchent sur deux pattes. Pour Verne, personnage « heavy », il fallait beaucoup d'anticipation, faire bouger le poids du personnage avant le pied. Pour Zamy l'écureuil, très rapide, il y a peu d'intervalles entre les poses. Et il y a peu d'effets, ce film se concentre surtout sur les personnages.
Comme souvent, on travaille avec la voix des acteurs enregistrée avant : on essaie de trouver un truc comique dans la voix et de l'exagérer dans l'animation, comme pour Gladys (la rigide présidente de l'association des résidents du lotissement – ndlr). Et on fait des croquis sur papier, on en parle avec les réalisateurs avant de faire une scène, pour décider l'acting des personnages.
Pixelcreation : Sur quoi travailles-tu maintenant, quel est ton prochain challenge?
William Salazar : Je fais un break avec DreamWorks pour quelques mois. Je participe à un film fait par un petit studio... en animation traditionnelle!