
Luis Arturo Aguirre est né en 1983 à Acapulco (Mexique). Il a commencé la photographie à 17 ans avec un MinoltaX-700, cadeau de son oncle. En 2011, il a étudié la photographie contemporaine au Centro de la imagen, à Mexico. Bercé par la pop culture et le kitsch, il construit une oeuvre nourrie de musique, de cinéma, de peinture et s’inspire aussi des personnages qu’il croise dans la rue. Il est l’un des lauréats 2012 de la XVème Biennale de photographie de Mexico. Luis Arturo Aguirre vit et travaille à Acapulco.
« Je me souviens avoir été choqué la première fois que j’ai vu un travesti. Je devais avoir 7 ou 8 ans, j’accompagnais ma tante au marché principal d’Acapulco et je le vis, “ lui ”. Il se tenait devant l’étal de fruits, cheveux bouclés, peau très sombre, bras musclés, paupières fardées de bleu électrique et lèvres rouges. – Entre, ma belle ! dit-il à ma tante.J’ignore si ce fut sa voix ou son corps qui me troubla le plus. – Qu’est-ce que c’est, lui ? demandai-je à ma tante. – C’est un garçon-fille, répond t-elle,laconique. Je ne posai plus de questions… La série résulte de ma fascination pour les travestis. Leur capacité à se transformer en “ femmes ” incroyablement belles me stupéfie. Avec leurs implants, ils offrent des formes nouvelles à leur corps ; grâce aux perruques et au maquillage, ils changent et féminisent leur apparence. Au bout du compte, que sont-ils ? Femmes véridiques ou femmes utopiques ? “ Vestida ” est le mot mexicain pour travesti. En déshabillant – “ Desvestida ” – mes modèles devant le même fond neutre, cadrés de la même façon, j’expose leur masculinité, tout en jouant sur le double genre. Je m’amuse des clichés à travers des images très explicites. » Luis Arturo Aguirre