Dynamo

Art optique ou cinétique : un siècle de créations à base de lumière et de mouvement.

L’art optique et cinétique, l’Op’Art comme l’ont dénommé les Américains, revient sur le devant de la scène après une longue eclipse. Des artistes contemporains aussi éminents qu’Anish Kapoor ou John Armleder participent à ce mouvement. Un comeback qui ne surprendra pas les graphistes et designers, déjà habitués au « light design » de créateurs comme les français WAT (voir notre article sur l’exposition à la galerie Anatome) ou les allemands Whitevoid qui explorent volontiers les nouvelles possibilités qu’offrent les technologies LED.

L’art cinétique a connu son apogée dans les années 60 à travers le monde et à Paris notamment avec le collectif GRAV (Groupement de Recherche d’Art Visuel) où se distinguent Julio Le Parc, François Morellet et Francisco Sobrino. « L’œil humain est notre point de départ, affirment-ils dès 1961, nous voulons mettre en valeur l’instabilité visuelle et le temps de la perception. » S’appuyant sur l’abstraction géométrique développée dans les années 1920-1930, cette nouvelle génération la dépasse en abandonnant la peinture, en privilégiant la perception. « On montre des phénomènes, on utilise le mouvement, on recherche l’instabilité, on met l’accent sur l’objectivité » explique Serge Lemoine, historien d’art et commissaire de l’exposition Dynamo. La lumière et le mouvement sont les deux thèmes majeurs traités par ces artistes, non plus en les représentant mais en les intégrant dans les œuvres, en s’en servant pour occuper l’espace, altérer la réalité et stimuler voire saturer les sens du spectateur. Lequel spectateur est souvent convié à participer, à interagir avec l’œuvre ne serait-ce qu’en bougeant autour d’elle.

L’exposition Dynamo, au Grand Palais à Paris jusqu’au 22 juillet 2013, présente près de 150 artistes  qui ont contribué au développement de cette forme d’art sur une centaine d’années. La présentation en est thématique plutôt que chronologique, avec deux grands sections centrées sur la « Vision » et « l’Espace ». Un parti-pris didactique bienvenu, même si on est surpris de découvrir rassemblés à la fin de l’exposition les précurseurs tels le photographe László Moholy-Nagy ou le peintre Piet Mondrian.
Plus qu’une rétrospective muséale, Dynamo est un parcours initiatique à une forme d’art qui continue à « explorer les failles du réel »  dans un esprit de plaisir et d’exigence à la fois.

Paul Schmitt, mai 2013