Metiers graphiques et rémunérations en 2006 page 4

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François Caspar – Interview
Co-fondateur et premier Président de l'Alliance Française des Designers (AFD) dont la vocation à défendre toutes les professions du design - qu'il soit graphique, industriel ou textile –, enfin rassemblées, François Caspar peut-être fier de son Alliance. Partenaire de référence des instutions françaises et européennes, l'AFD et sa poignée de bénévoles suractifs, peine toujours à faire entendre sa voix dans le champ médiatique.
Rencontre.

Pixelcreation.fr : Comment va l'AFD ?
François Caspar : L'AFD va bien. Le bilan est très positif : nous gagnons entre 10 et 20 membres chaque mois. 600 personnes ont été membres de l'AFD. Nous sommes parmi les plus gros organismes professionnels de France.

Les graphistes sont-ils toujours majoritaires parmi vos adhérents ?
C'est vrai qu'à nos débuts, nous représentions principalement des graphistes. Mais aujourd'hui, si nous affichons 50 % de graphistes, nous accueillons 40 % de designers produit, deux stylistes de mode, deux designers textiles et quelques designers d'environnement.

On vous reproche parfois d'être inaudible...
Je sais. Et c'est vrai que nous devons faire un effort sur la communication, mais pour se faire entendre nous avons besoin de troupes et de bénévoles qui s'impliquent. Cela dit, quand un membre nous envoie un mail, il a – au pire – une réponse dans la semaine.

Quels sont les projets de l'AFD ?
Dans le cadre d'un projet d'envergure européennebaptisé« Leonardo », Béatrice Gisclard, notre Présidente, a conçu un « référentiel-métier », permettant de définir quelles compétences sont nécessaires pour l'exercice de quel métier du design. Si l'Union européenne nous donne des fonds, cela nous permettrait de faire le point sur les compétences requises auprès des écoles et des commanditaires. Nous pourrions alors développer un label qui validerait les compétences acquises, à l'école ou non, par les designers en exercice.

Comment se porte le petit monde de la communication visuelle ?
Cela va beaucoup mieux qu'en 2003/2004. On sent cette amélioration sur l'ensemble de la profession. Mais ne rêvons, nous traversons toujours une période de vaches maigres. Globalement, les professions que nous représentons ont tendance à se précariser. Et c'est notamment dû aux commanditaires qui ne réalisent pas l'intérêt de faire appel à des designers compétents. Mais tout cela va évoluer très positivement parce que dans les pays émergeants de l'Est de l'Europe, le design est devenu un axe de développement économique majeur. Et le mouvement est le même dans les pays industrialisés.

De là à imaginer une France où le design est enfin perçu comme un levier de croissance...
Je suis très optimiste sur ce point. Je pense que les industriels français vont comprendre qu'il est important d'associer des designers à leurs équipes de marketing. Surtout quand ils verront que la Bulgarie ou la République Tchèque font un carton avec ce mode d'organisation... Le design reste une profession d'avenir. Je pense que d'ici 5 ans, la situation évoluera favorablement.