Fiesta Grafica

De l’Argentine au Mexique, un condensé de ce que l’Amérique latine produit de mieux comme graphisme contemporain !

Infatigable voyageur, Michel Bouvet nous rembarque à la découverte d’autres cultures, d’autres designs graphiques. L’exposition "Graphisme polonais" n’est pas encore finie à Echirolles qu’il convoque ses amis d’Amérique latine pour monter « Fiesta Grafica », une grande exposition d’affiches jusqu’au 7 mai 2019 à la Maison de l’Amérique latine à Paris. Avec son complice et co-commissaire Daniel Lefort (ancien conseiller culturel de France en Amérique centrale, Paraguay, Pérou et Uruguay), ils présentent les productions de 18 designers ou collectifs (26 graphistes latino-américains en tout) de 9 pays :
Colectivo Onaire [Mariana Campo Lagorio, Gabriel Lopatín, Gabriel Mahia, Sebastián Puy, Natalia Volpe], Theo Contestin, El Fantasma de Heredia [Anabella Salem, Gabriel Mateu], Mono Grinbaum (Argentine), Bebel Abreu, Kiko Farkas, Rico Lins (Brésil), Martha Granados (Colombie), Idania del Río, Giselle Monzón (Cuba), Pablo Iturralde (Équateur), Jorge Alderete, Benito Cabañas, Alejandro Magallanes, Germán Montalvo, (Mexique), Celeste Prieto (Paraguay), Natalia Iguiñiz Boggio (Pérou), Atolón de Mororoa [Andrés Amodio, Zelma Borras, Diego Fernandez, Diego Prestes] (Uruguay).

On avait découvert les argentins Onaire, Theo Contestin, Mono Grinbaum et El Fantasma de Heredia avec « Graphisme des antipodes » lors de la Fête du graphisme 2016, déjà à l’initiative de Michel Bouvet. Là on élargit le propos à l’ensemble du continent avec des centaines de posters affichés à l’entrée et au sous-sol de la Maison de l’Amérique latine. Avec en traits communs « l’incandescence de la création graphique, la pertinence et l’implication dans la société » comme le résume Michel Bouvet. Pour le reste, chacun suit sa voie en alternant références aux cultures amérindiennes - Onaire, Alejandro Magallanes et German Montalvo par exemple - et styles contemporains : moderniste pour Martha Granados, graffitto pour Mono Grinbaum ou Dr Alderete, affiche populaire pour Rico Lins. Comme en Europe, ce graphisme est éminemment culturel, souvent engagé socialement et très peu commercial.

On ne s’étonne donc pas de voir Michel Bouvet se joindre lui-même à cette Fiesta, d’y exposer nombre de ses affiches emblématiques conçues ces 15 dernières années pour les Rencontres d’Arles ou les théâtres parisiens des Gémeaux et de la Pépinière ou encore pour le centre culturel de la Belle de Mai à Marseille. Comment résister à une telle invitation…


Paul Schmitt, mars 2019

 

PS: et pour Michel Bouvet, la Fiesta continue ce printemps, toujours avec son complice Daniel Lefort. Le duo commet un livre affichiste! Les aventures de Michel Bouvet (collection Alternatives aux Editions Gallimard) dont nous vous reparlerons très vite!